Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste

Molly Applebaum

More Information

Map

Né(e)
27 octobre 1930 Cracovie, Pologne

Map of Mukacevo, Czechoslovakia

immigré(e)
1948 Toronto

Cachée dans une caisse ensevelie sous terre, Molly, 12 ans, n’a alors que sa cousine plus âgée et son journal pour lui tenir compagnie. Pendant deux ans, elle raconte son enfermement « dans un cercueil » : le froid, l’obscurité, le manque d’air, les douleurs insupportables engendrées par le manque de nourriture, et la difficulté de devoir dépendre des deux fermiers qui risquent leur vie pour la sauver. Les Mots enfouis est la confession poignante des craintes, des secrets et du désespoir qu’a ressentis Molly et, plus que tout, de son vœu le plus ardent : rester en vie.

À propos de Molly

Molly Applebaum est née en 1930 à Cracovie, en Pologne. Après la guerre, elle a passé trois ans dans des camps de personnes déplacées en Europe, avant d’émigrer au Canada en tant qu’orpheline de guerre. Les Mots enfouis est la première version traduite en anglais du journal que Molly a écrit en polonais entre 1942 et 1944, alors qu’elle se cachait dans une ferme de Dąbrowa Tarnowska, en Pologne. Molly Applebaum vit aujourd’hui à Toronto.

Photos et Artefacts

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Sara Weissenberg (née Kuntsler), la mère de Molly; Molly (née Melania) et son frère Zygmunt (Zyga). Cracovie, vers 1938.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Molly à huit ans. Cracovie, vers 1938.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Molly, vers 1939.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Molly avec ses amis et sa famille, en vacances à Krynica, en Pologne, en 1938. Derrière, tout à droite, se trouve Sara, la mère de Molly. Devant, de gauche à droite : Zyga, une amie et Molly.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Molly avec sa famille. De gauche à droite (derrière) : Karoli, la tante de Molly ; sa cousine Olga ; sa mère Sara et Molly. Devant : Janek, le cousin de Molly (à gauche), et son frère Zyga (à droite). Cracovie, 1939.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Molly (à droite) avec son beau-père, Ignac Keller, et sa mère. Cracovie, 1939.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    L’amie de Molly, Sabina (Bineczka) Goldman (à droite), avec sa sœur Mania. Dąbrowa Tarnowska, Pologne, 1941.   

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Molly (à gauche) avec son cousin Ala. Dąbrowa Tarnowska, Pologne, 1941.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Sabina Goldman, portant un brassard avec l’étoile de David. Dąbrowa Tarnowska, Pologne, 1941.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Lettre de Sabina à Molly datée du 11 septembre 1942.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Lettre de Sabina à Molly datée du 11 septembre 1942.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Lettre de Sabina à Molly datée du 11 septembre 1942.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Lettre de Sabina à Molly datée du 11 septembre 1942.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Ferme où Molly et sa cousine Helen se sont cachées. Victor est le deuxième en partant de la gauche ; les autres personnes sur cette photo sont inconnues. Date inconnue.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Emilia (troisième en partant de la gauche) dans sa ferme. Date inconnue.

  • Molly Applebaum larger image and caption

    Molly Applebaum, 2016.

Le livre

Cover of Buried Words (Traduction française à venir)

Buried Words (Traduction française à venir)

« Quand j’observais le monde avec mes yeux d’enfant, il me paraissait tellement rose… Et aujourd’hui ? Je suis heureuse si je survis un jour de plus et j’attends avec peur le suivant. Quand tout cela va-t-il finir ? Arriverons-nous à rester en vie jusqu’à la fin ? 

More Survivors

Close

Buried Words (Traduction française à venir)

Cher journal

Dimanche 14 mars

J’ai rouvert mon carnet après une assez longue pause. Car aujourd’hui, nous passons la journée debout dans l’écurie, afin de nous étirer un peu. Et comme ce n’est vraiment pas confortable pour moi d’écrire allongée, j’ai emmené mon carnet là-haut. Mais les conditions ici ne sont pas bonnes non plus. Bien que nous soyons à la mi-mars, que le temps soit magnifique, que le soleil brille et que la terre dégage un doux parfum, je suis glacée jusqu’à la moelle. J’aimerais pouvoir franchir le pas de la porte de l’étable et m’asseoir sur le perron... C’est tellement loin et tout simplement hors d’atteinte que malheureusement, je ne devrais même pas m’aiguiser l’appétit et y songer. J’ai déjà du mal à imaginer une autre vie que celle que je mène actuellement. Sera-ce toujours comme cela ? Les souffrances s’arrêteront-elles un jour ?

Mercredi 7 avril

Le monde est si vaste, si incroyablement grand, qu’on ne peut en faire rapidement le tour ou en réaliser l’immensité, même par la pensée. Presque toute la surface du globe est habitée. Il paraît même que des gens vivent sur la face cachée de la lune et aussi sur Mars. Sur Terre, il y a de la place pour tous les êtres vivants. Hélas, il n’y a pas de place sur Terre pour deux pauvres créatures abandonnées. Ces deux pauvres et malheureuses créatures sont obligées de vivre sous terre, serrées dans une petite caisse dans laquelle on peut à peine s’allonger et où on se sent à l’étroit. S’asseoir est la seule chose dont on puisse rêver. Ces personnes sont allongées dans cette caisse depuis de longs mois et n’en sortent que trois heures par jour pour aller à l’étable. L’enfermement — la saleté, la vermine, l’obscurité et le manque d’air —, tout est comme dans un cercueil. Mais ces créatures sont heureuses que la situation soit ainsi et pas pire, et expriment leur reconnaissance pour ce « cercueil » dans leurs prières quotidiennes. Elles ne disent rien, elles ont cessé de se plaindre car elles savent qu’il n’y a pas de place pour elles sur Terre. Sommes-nous destinées à refaire surface un jour ?