Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste

Pinchas Hirschprung

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Né(e)
13 juillet 1912 Dukla, Pologne

Map of Mukacevo, Czechoslovakia

Immigré(e)
1941 Montréal

Voyage épique au-delà des frontières, La Vallée des larmes raconte près de deux années de la vie du rabbin Pinchas Hirschprung pendant lesquelles il cherche un moyen de fuir l’Europe occupée par les nazis. Dans ce rare témoignage, presque au jour le jour, le rabbin Hirschprung met en exergue ce à quoi ressemblait la vie d’un rabbin orthodoxe qui tente d’échapper à la persécution et puise son inspiration et son espoir dans les Écritures juives et les Psaumes, tout en faisant face à la noire réalité de la guerre, pour enfin trouver refuge à Kobe, au Japon.

À propos de Pinchas

Le rabbin Pinchas Hirschprung est né en 1912 à Dukla, en Pologne. En 1941, il a réussi à fuir Dukla et à se rendre à Vilna, en Lituanie, puis à Kobe au Japon, et enfin à Shanghai avant d’arriver au Canada sur le dernier bateau qui a quitté Shanghai avant l’attaque de Pearl Harbour par les Japonais. Il s’est marié à Alte Chaya Stern le 8 mai 1947 et ensemble, ils ont élevé neuf enfants. Spécialiste mondialement reconnu de la Torah et du Talmud, le rabbin Hirschprung est devenu en 1969 le Grand rabbin de Montréal dont il a dirigé la communauté juive jusqu’à sa mort en 1998.

Photos et Objets

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    Pinchas Hirschprung (à gauche) avec deux amis. Lublin, milieu des années 1920.

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    Le rabbin Hirschprung avec la Guemara ouverte (devant, au centre), entouré de cinq amis. Lublin, début des années 1930.

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    Le rabbin Hirschprung (au centre) avec le rabbin Menachem Mendel Eiger (à gauche) et le rabbin Yechiel Menachem Singer (à droite). Pologne, années 1930.

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    Le rabbin Hirschprung (à droite) avec des amis. Pologne, années 1930.

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    La mère du rabbin Hirschprung, Leah (née Sehmann), avec ses sœurs Chaya Golda (à gauche) et Matya Bayla (à droite). Dukla, années 1930.

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    Peinture du grand-père maternel du rabbin Hirschprung, le rabbin David Tsvi (Tevel) Sehmann.

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    Peinture du professeur et mentor du rabbin Hirschprung, Rav Yehuda Meir Shapira, directeur de la Yeshiva Chachmei Lublin.

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    La Yeshiva Chachmei Lublin, où le rabbin Hirschprung a fait ses études. Sa construction a commencé dans les années 1920 et s’est achevée en 1930.

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    Le rabbin Hirschprung (au centre) apprend le Talmud avec d’autres hommes. De gauche à droite, dans le sens des aiguilles d’une montre : le rabbin Moshe Werner de la synagogue Chevra Tehillim, Tzudyk Mandelcorn, un des dirigeants de la communauté et élève très apprécié de Hirschprung, le rabbin Hirschprung, le rabbin Shlomo Spiro de la synagogue des Jeunes juifs de Chomedey, et le rabbin Nachum Rabinovitch, qui devint doyen du Jews’ College (aujourd’hui connu sous le nom London School of Jewish Studies) à Londres, en Angleterre, et qui est actuellement rosh yeshiva et doyen de la yeshiva Hesder à Maalei Adumim, en Israël. Montréal, années 1940.

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    Le rabbin Pinchas avec sa femme, la rabbanite Alte Chaya Hirschprung, et leurs enfants. Montréal, 1968.

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    Le rabbin Hirschprung, à gauche, avec M. Samuel Blumenberg, administrateur de l’école Bais Yaakov de Montréal, au centre, et le troisième Bobover Rebbe, le rabbin Shlomo Halberstam. Montréal, fin des années 1940.

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    Le rabbin Hirschprung, à gauche, en compagnie du septième Lubavitcher Rebbe, le rabbin Menachem Mendel Schneerson. New York, fin des années 1980.

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    Le rabbin Hirschprung, à gauche, avec le rabbin Pinchas Menachem Alter, septième Gerrer Rebbe. Jérusalem, Israël, années 1980.

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    Le rabbin Hirschprung, à gauche, avec le rabbin Chaim Kreiswirth, Grand rabbin d’Anvers de 1953 à 2001. Montréal, années 1980.

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    Le rabbin Hirschprung, à gauche, en compagnie du cinquième Belzer Rebbe, le rabbin Yissachar Dov Rokeach. Jérusalem, Israël, années 1980.

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    Le rabbin Hirschprung étudie le Talmud dans son bureau. Montréal, années 1990.

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    Le rabbin Pinchas et la rabbanite Alte Chaya Hirschprung. Montréal, années 1990.

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    Le rabbin Pinchas Hirschprung. Montréal, années 1990.

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    Pierre tombale du rabbin Pinchas Hirschprung. Cimetière juif de Sainte-Sophie, Québec.

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    Pierre tombale de la rabbanite Alte Chaya Hirschprung. Cimetière juif de Sainte- Sophie, Québec.

Le livre

Cover of The Vale of Tears (Traduction française à venir)

The Vale of Tears (Traduction française à venir)

Mes larmes, tels les mots d’une prière, étaient comme la rosée du matin : des mots purs, délicats, naturels et honnêtes, et des larmes pures, délicates, naturelles et honnêtes.

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The Vale of Tears (Traduction française à venir)

J’ai mis toutes mes forces dans mon travail. J’imaginais notre maison, la synagogue et ma rue le soir du Yom Kippour. Les Juifs entraient et sortaient des bains publics, tout le monde se souhaitant une « bonne année » et une « bonne place dans le Livre de la Vie ». Certains se précipitaient à la synagogue, très tôt, munis de grands cierges. J’imaginais ma mère, debout devant les cierges, qui priait pieusement, les larmes aux yeux. Nous, ses enfants, nous tenions autour d’elle, toujours en train de pleurer, ce qui était pour nous une tradition le soir du Yom Kippour. Après avoir observé la position du soleil, j’en déduis qu’il était probablement temps d’allumer les cierges. N’étant pas à cet instant avec elle, moi, son unique fils, ma pauvre mère devait très probablement pleurer de toutes ses larmes. La douleur de ma mère me brisa le cœur. Je laissai mon travail de côté et me dirigeai vers un arbre juste à côté. J’y reposai ma tête fatiguée et mes larmes commencèrent à couler. Je fis tout pour essayer de les arrêter et contrôler mes émotions, en vain. La tête contre l’arbre, je pleurais comme un petit garçon. Mes larmes tombaient sur le sol et sur mes vêtements, couverts de poussière. Curieusement, je me sentais mieux. Je me sentais plus léger, revigoré. J’avais totalement oublié que j’étais censé travailler et qu’il n’y avait que des assassins nazis autour de moi. J’ai commencé à m’élever dans des royaumes toujours plus hauts. Mon grand-père se tenait devant moi. Je voyais mon grand-père portant sa kittel et son tallit, debout sur la bimah, exhortant les foules à se repentir du fond de leurs cœurs.

Soudain, sortis de nulle part, une pluie de coups s’abattit sur mon dos courbé. J’étais complètement déboussolé, pas tant à cause des coups, mais plutôt par le côté inattendu et soudain avec lequel ils avaient atteint mon dos, d’une façon si assassine et impitoyable. Néanmoins, je retrouvai de suite mes esprits et me rappelai dans quel endroit du monde je me trouvais. Ce n’était pas mon grand-père, mais un responsable nazi qui se tenait devant moi. Il avait un regard noir, violent et plein de rage. Il était prêt à me tuer. Je suis immédiatement retourné travailler.