Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste

Nate Leipciger

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Né(e)
30 novembre 1927 Chorzów, Pologne

Map of Mukacevo, Czechoslovakia

Immigré(e)
1948 Toronto

Nate Leipciger, un gentil garçon timide de 11 ans, est plongé au cœur d’un réseau inextricable de ghettos, de camps de concentration et de camps de la mort, pendant l’occupation allemande de la Pologne. Tout en se battant pour survivre, il forge un nouveau lien indissoluble avec son père, aspirant à un avenir de liberté. Mais quand il est finalement libéré, le poids de ses souffrances ne s’atténue pas et ses souvenirs restent gravés dans la tragédie. L’ombre de la liberté est un livre d’introspection, compliqué et cru, qui relate le voyage de Nate dans un passé qu’il ne peut pas oublier.

À propos de Nate

Nate Leipciger est né à Chorzów, en Pologne, en 1928. En 1948, il a immigré avec son père à Toronto, où il a fréquenté l’école secondaire, puis obtenu un diplôme universitaire en ingénierie. En 1982, il est devenu président du Comité de commémoration de l’Holocauste de Toronto, après quoi il est devenu un membre de la direction du Comité national de commémoration de l’Holocauste du Congrès juif canadien. Nate a aussi été membre du Conseil international du Musée d’Auschwitz-Birkenau pendant 15 ans et a été guide éducateur dans le cadre des séjours en Pologne et en Israël organisés à l’occasion de la Marche des vivants durant une quinzaine d’années également.

Photos et Objets

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    Elka (née Hochman) Percik, la grand-mère maternelle de Nate. Photo obtenue d’un voisin non juif après la guerre.

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    Le grand-père maternel de Nate, Shimon Percik, avec les arrière-grands-parents de Nate, avant la guerre. À l’arrière-plan : Shimon; à l’avant-plan : Gitele et Avrum-Itzak Percik.

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    La mère de Nate, Faigel Leja (Leah), 1938. Nate a reçu cette photo de Stasia, la domestique de sa grand-mère, après la guerre.

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    Tante Zosia (née Percik) Winiarz, 1938.

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    Tante Rozalia (Ruzia) Percik, 1938.

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    Le mari de tante Ruzia, Antek Uziemblo, 1938.

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    Le père de Nate, Jack (à l’avant-plan, à gauche), avec ses frères et sa sœur : Tobias (à l’arrière-plan, à gauche); Mirla; et Leon. Chorzów, vers 1919.

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    Photo de fiançailles des parents de Nate. 1924.

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    Le père de Nate, Jacob (Jack) Leipciger. Vers les années 1920.

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    Le grand-père paternel de Nate, Abraham Hersch Leipziger. Vers 1930.

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    La grand-mère paternelle de Nate, Rudel (née Biernbaum) Leipziger. Vers 1930.

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    Les tantes et les oncles paternels de Nate. À l’arrière-plan : oncle Tobias (à gauche) et le père de Nate, Jack (à droite). À l’avant-plan, de gauche à droite : tante Mirla; le mariMirla, Kurt Nadelberg; tante Dora; et le mari de Dora, Samuel.

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    La mère de Nate, Leah.

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    La sœur de Nate, Linka (Blima). Vers 1933.

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    Une photo de la sœur de Nate, Linka, qui lui a été donnée par l’amie de Linka, Krysia, après la guerre. Au dos de la photo, on peut lire : « À ma chère Krysia, je te donne cette photo en souvenir des beaux moments que nous avons passés ensemble. » Sosnowiec, 21 juin 1942.

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    La sœur de Nate, Linka. Ghetto de Sosnowiec, 1942. Au dos de la photo, on peut lire : « À ma chère Krysia, pour qu’elle ne m’oublie jamais. » Krysia, l’amie de Linka, a donné cette photo à Nate après la guerre.

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    Pièce d’identité de Nate, délivrée après la guerre, où figure l’une des premières photos de Nate après la Libération. 1945.

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    Pièce d’identité de Nate, délivrée après la guerre, où figure l’une des premières photos de Nate après la Libération. 1945.

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    Nate. Septembre 1945.

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    Nate et Jack après la guerre. Bamberg, 1946.

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    Jack (à gauche), avec son employeur, Ed (au centre), qui a envoyé la lettre de Jack à son oncle Dave au Canada; et l’homme grâce à qui Jack a obtenu un emploi dans l’armée (à droite). Bamberg, Allemagne, 1946.

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    Jack travaillant à la base de l’armée américaine à Bamberg, Allemagne, 1946.

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    L’amie de Nate, Helen Ruff. Bamberg, 1946.

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    Nate et son amie Barbara Goldfischer. Bamberg, 1946.

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    Nate et son ami Ira Goetz. Bamberg, 1947.

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    Ira, l’ami de Nate, et Nate. Munich, 1947.

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    L’oncle de Nate, David Leipciger (à l’extrême droite) qui a parrainé Nate et son père quand ils ont immigré au Canada. De gauche à droite : la cousine de Nate, Grace; sa tante, Helen; son cousin, Joe; et son oncle, David. Toronto, 1948.

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    Nate à Toronto, 1948-1949.

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    Nate à Toronto, 1948-1949.

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    Nate à Toronto, 1948-1949.

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    Nate à Toronto, 1948-1949.

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    Nate à Toronto, 1948-1949.

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    Nate à Toronto, 1948-1949.

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    Nate avec son demi-frère Al Waxman, portant le pull orné d’une oie qui valait à Nate des taquineries à l’école. Toronto, vers 1949.

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    Nate profitant de son été au Balfour Manor Camp. Muskoka, 1950.

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    Le demi-frère de Nate, Benny Waxman.

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    La première photo que Nate a donnée à Bernice, un an avant leur mariage. 1953.

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    Nate et Bernice à l’occasion de leur Aufruf (qui signifie appel ou convocation), une célébration rituelle qui a lieu quelques semaines avant le mariage. 1954.

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    Le père de Nate, Jack, avec sa femme, Toby Waxman, à l’occasion de l’Aufruf, 1954.

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    La famille de Nate à l’occasion de l’Aufruf. De gauche à droite : oncle Dave, tante Helen, Toby et Jack. 1954.

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    Photo de mariage de Nate et Bernice. 7 septembre 1954.

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    Nate à Auschwitz-Birkenau, alors qu’il œuvrait au sein du Conseil international du Musée d’Auschwitz-Birkenau. Années 1990.

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    Devant les ruines du crématoire IV. Auschwitz-Birkenau.

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    Nate et sa famille dans le jardin de son ancienne maison à Sosnowiec, commémorant le 50e anniversaire de la libération de Nate. À l’arrière-plan, de gauche à droite : Nate; son gendre Zvi Litwin; et son gendre Steve Pinkus. À l’avant-plan, de gauche à droite : Bernice, la femme de Nate; et les filles de Nate et Bernice, Lisa, Ronda et Arla. Ne figurant pas sur la photo : le gendre de Nate, Cary Green. 1995.

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    Nate et sa famille le jour où Nate a été honoré par Facing History, un organisme à vocation éducative auprès duquel Nate a œuvré depuis sa fondation 2008. À l’arrière-plan, de gauche à droite : Dan Olyan, Jason Green, Cary Green, Josh Teperman, Jordana Pinkus, Jonathan Pinkus, Steve Pinkus, Joshua Litwin, et Laura Wilchesky. Dans la rangée du milieu, de gauche à droite : Jennifer Green, Jody Nightingale, Ronda Green, Lisa Pinkus, Mira Pinkus, Lauren Greenwood, Arla Litwin, Zvi Litwin, Gary Litwin, Adam Litwin, et Samantha Landy. À l’avant-plan : Bernice et Nate. Toronto, 2014.

Le livre

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Le Poids de la liberté (Traduction française à venir)

Pour éviter de penser, je répétais les mots : « Après la guerre », des mots ancrés dans mon esprit comme un mantra. Après la guerre. Des mots qui se confondaient avec le cliquetis des roues. Y aurait-il seulement une fin à la guerre ? Ça semblait impossible. Je pouvais difficilement me rappeler qu’il y avait eu un temps sans guerre.

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Le Poids de la liberté (Traduction française à venir)

Plus tard, en 1941, nous avons dû porter une étoile de David jaune avec l’inscription « Jude », que nous devions coudre de manière bien visible sur nos vêtements. Ma mère m’a expliqué que le port de l’étoile jaune était une ancienne méthode visant à démarquer la population juive de la population chrétienne. Comme il nous était interdit de sortir sans cette étoile jaune sur nos vêtements, il est devenu beaucoup plus difficile pour nous de nous mêler à la population polonaise.

Vendre des biens dans la rue était considéré comme du « marché noir », une pratique interdite par les Allemands. Pour bien se faire comprendre, les nazis ont arrêté six hommes qui se livraient au marché noir et ils les ont condamnés à mort par pendaison. Tout le monde a été obligé d’assister à leur exécution de façon à ce que nous voyions ce qui nous attendait si nous participions à ce genre d’activités illicites. Dans un des squares de la ville, ils ont érigé un immense échafaud – très haut pour que tous puissent bien voir. J’avais l’impression que les gens tenaient à assister à cette démonstration publique de barbarie ; toutes les fenêtres des immeubles de quatre ou cinq étages qui bordaient la place étaient remplies de badauds. Des amis de ma famille qui habitaient dans l’un de ces immeubles nous ont invités à assister au spectacle. Nous avions un point de vue exceptionnel : juste devant la potence. Installés à la fenêtre, nous apercevions aussi l’ensemble du square et les rues avoisinantes, noires de monde. Il y avait de la tension dans l’air, et une atmosphère presque électrique. Personne n’avait jamais assité à une exécution. Des soldats et des policiers ont cerné la place au moment où les six hommes sont montés l’un à côté de l’autre sur la plateforme. Puis les bourreaux leur ont passé une corde autour du cou. Un fonctionnaire de la Gestapo a alors fait lecture d’un bref verdict, après quoi on a ouvert la trappe. Un frisson a semblé traverser la foule lors de la chute des six condamnés ; leurs jambes ont été parcourues de secousses un moment, puis se sont immobilisées, et les corps se sont mis à se balancer. On les a laissés là, accrochés à la potence, durant 24 heures. L’humeur de la foule s’est assombrie, et les gens ont quitté les lieux en pleurs ou le visage fermé et en silence. On m’a dit que le lendemain, les familles ont eu l’autorisation de récupérer les corps pour les enterrer. Cette démonstration  servait d’avertissement très clair à nous tous. Ma mère m’a dès lors interdit de retourner vendre ou troquer quoi que ce soit dans la rue.