Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste

Maya Rakitova

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Né(e)
04 juin 1931 Smolensk, Russie

Map of Mukacevo, Czechoslovakia

Immigré(e)
1981 Montréal

Balayée par la dramatique révolution bolchevique, les purges organisées par le Parti communiste de Joseph Staline et la Seconde Guerre mondiale, la famille Rakitova doit surmonter un nombre incalculable d’obstacles pour survivre. Mais la jeune Maya ne sait qu’une chose : son père est mort et elle doit cacher son identité juive. Avec ce que Maya qualifie de « courage hors du commun », sa mère se bat pour la protéger, comptant sur la bienveillance d’amis et d’inconnus, ainsi que sur le faible espoir que Maya saura garder son identité secrète.

À propos de Maya

Maya Rakitova est née le 4 juin 1931 à Smolensk, en Union soviétique. Elle fut diplômée en 1954 de la Faculté de la Radio et de la télévision de l’Institut électrotechnique de communications Bonch-Bruevich de Léningrad. Maya a émigré avec son mari et leur fille cadette à Montréal en 1981, où elle a travaillé pendant dix-sept ans pour la Canadian Broadcasting Corporation (CBC). Elle vit avec son mari à Montréal.

Photos et Objets

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    La famille Brik. Debout derrière, de gauche à droite : Adam, l’oncle de Maya, tante Sonya, Sasha, le plus jeune oncle de Maya, Nina, la tante de Maya et ses oncles Ber et Senya. Rangée du milieu, de gauche à droite : une femme non-identifiée, tante Betya, les grands-parents de Maya ,Moses et Sima, tenant leurs petits-fils jumeaux Vova et Jenya et oncle Arkady. Assis devant : Judith, la cousine de Maya, Leonid, le frère de Maya et sa cousine Miriam. Vinnitsa, été 1931.

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    Maya à 2 ans avec son frère Leonid. Smolensk, 1933.

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    Maya avec sa mère Zinaida, devant leur gîte près de Smolensk. Été 1934.

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    Maya (à gauche), avec sa nourrice Nyura (au centre) et son frère Leonid. Smolensk, 1935.

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    Maya à 5 ans. Smolensk, 1936.

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    Grigory Davidovich Rakitov, le père de Maya, dans les années 1930.

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    Leonid, le frère de Maya, dans les années 1960.

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    Plaque commémorative en l’honneur du père de Maya, fixée sur la maison de Smolensk où les Rakitov vécurent jusqu’en 1935.

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    Zinaida, la mère de Maya. Léningrad, années 1950.

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    Photo du passeport de Zinaida, dans les années 1960.

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    Maya Rakitova. Montréal, 2005.

Le livre

Cover of Behind the Red Curtain (Traduction française à venir)

Behind the Red Curtain (Traduction française à venir)

En regardant la carte postale sur laquelle apparaissait ma ville natale, je reconnus l’endroit exact où j’étais restée debout, tard dans la nuit, soixante ans auparavant, noyée dans les sanglots, apeurée et désespérée car je n’avais nulle part où aller.

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Behind the Red Curtain (Traduction française à venir)

À l’aube d’un matin de la mi-septembre 1941, un voisin déclencha l’alarme et nous informa que des cris avaient été entendus dans les rues délimitant la Vieille Ville. Les Allemands avaient été aperçus allant de maison en maison pour arrêter les Juifs. Nous pensions qu’ils emmenaient travailler les jeunes hommes et femmes, comme ils l’avaient fait la semaine précédente. Ma mère demanda à Nyusya de m’emmener dans sa chambre et se rua dans le jardin avec Grand-Père et Adya, le mari de tante Sonya. Comme tout le monde pensait que les Allemands n’emmèneraient pas travailler les personnes âgées et les enfants, tante Sonya resta dans la maison avec ses petites-filles. Nyusya me mit dans le lit où dormaient ses trois enfants. C’est à cet instant qu’entrèrent les Allemands, accompagnés d’un policier ukrainien. Ils demandèrent à Nyusya sa nationalité. Terrifiée, les mains tremblantes, elle leur montra son passeport ukrainien. Alors que les Allemands pointaient les enfants du doigt, Nyusya leur dit : « Ce sont mes enfants. » C’est grâce à cette phrase, décisive, que cette femme courageuse m’a sauvé la vie. Les Allemands partirent et se dirigèrent vers l’extension de la maison où se trouvaient tante Sonya et ses petites-filles. En quelques minutes, elles furent emmenées dehors. Je vis à travers la fenêtre qu’elles n’avaient pas eu le droit d’enfiler une vraie tenue. Sonya portait la plus jeune, Vita, qui était seulement vêtue d’une courte chemise de nuit.

Ce jour-là, Nyusya nous a emmenés, ses enfants et moi, et nous sommes tous allés chez sa mère. Ignorant tout du sort réservé à ma mère, je suis restée deux ou trois jours de plus avec Nyusya. Pendant ce temps, la nouvelle se répandait à Vinnitsa que les Allemands avaient conduit au moins dix mille Juifs hors de la ville, dans la forêt la plus proche, où une énorme tranchée avait été creusée. Tous y furent exécutés. Il y eu de nombreux blessés, ainsi que des enfants, qui furent jetés vivants dans la tranchée, enterrés avec les morts. On dit que pendant plusieurs jours, la terre bougeait.