Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste

Leslie Vertes

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Né(e)
18 février 1924 Ajak, Hongrie

Map of Mukacevo, Czechoslovakia

immigré(e)
1957 Montréal

En 1944, Leslie Vertes, alors âgé de 20 ans, s’échappe d’une unité de travaux forcés à Budapest et survit miraculeusement en empruntant une fausse identité. Mais le sentiment de liberté et de sécurité ressenti à la fin de la guerre est fugace : Leslie est fait prisonnier par le nouveau régime soviétique et déporté pour deux années de travail forcé éreintant. Après avoir reconstruit sa vie et trouvé l’amour, Leslie voit de nouveau sa sécurité menacée par la Révolution hongroise de 1956. Ce n’est qu’en fuyant au Canada qu’il goûte finalement la vraie liberté

À propos de Leslie

Leslie Vertes est né en 1924 à Ajak, en Hongrie. Dans la foulée de la Révolution hongroise de 1956, Leslie a fui Budapest avec sa femme, Vera, et leur fils, George, et a immigré au Canada en 1957. Leslie a eu une longue et fructueuse carrière dans l’industrie de la chaussure à Montréal. Depuis qu’il est à la retraite, il se consacre activement à l’enseignement de l’Holocauste et effectue du travail bénévole auprès de divers organismes. En 2015, il a reçu la Médaille de la Paix décernée par les YMCA du Québec ainsi que le Prix du Gouverneur général pour l’entraide reconnaissant son action exemplaire comme bénévole et sa contribution à la communauté.

Photos et Artefacts

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    Leslie Vertes, à l’âge de 4 ans (à droite), avec une amie. Kisvárda, 1928.

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    Leslie (à gauche), en randonnée avec des amis. Budapest, 1939.

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    La famille Winkler avant la guerre. De gauche à droite : la mère de Leslie, Ilona; sa sœur, Borka; Leslie; et le père de Leslie, Sándor. Budapest, 1940.

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    Leslie avec sa mère (à droite), et sa sœur (à gauche). Budapest, 1942.

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    Leslie à Budapest après la Libération.

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    La fiancée de Leslie, Vera Neiser. Budapest, 1951.

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    La mère de Vera, Elisabeth, 1926.

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    Le père de Vera, Jozsef. Dombóvár, 1942.

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    La seule photo de Vera (à gauche) avec ses sœurs avant la guerre. Vers 1940.

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    Leslie et Vera. Budapest, 1954.

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    Le fils de Leslie et de Vera, George. 1959.

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    Retrouvailles de Leslie avec sa mère, Ilona, 15 ans après la guerre. Montréal, 1959.

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    Vera, Ilona, Leslie et George. Montréal, 1959.

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    Ilona et son frère, Alex, qui ne se s’étaient pas vus depuis 22 ans. Montréal, 1959.

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    Le père de Leslie, Sándor, avec sa femme, Margit. Budapest, 1960.

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    Leslie avec sa sœur, Borka (Barbara), 24 ans après qu’ils se soient dit au revoir à Budapest. Israël, 1968.

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    Leslie (à droite) avec son oncle Erno et sa tante Anna. Budapest, 1972.

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    Le père de Vera, Jozsef, avec sa deuxième femme, Elisabeth. New York, 1975.

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    La mère de Leslie, Ilona. Israël, 1977.

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    Leslie et Vera avec leurs petits-enfants, Gregory, Jaclyn et Alex. Toronto, années 1990.

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    Vera et son frère, Gabe. 1998.

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    La sœur de Leslie, Barbara (à l’avant-plan, au centre) avec son mari et ses enfants en Israël, 1998. À l’arrière-plan, de gauche à droite : Ron; sa femme, Ofra; Asher; Ejal; et la femme d’Ejal, Nurit. À l’avant-plan, de gauche à droite : David; Hannah; Barbara; Hava; et Haim.

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    Les petits-enfants de Leslie : Gregory, Alex et Jaclyn. Toronto, 1999.

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    Trois générations de Vertes : Leslie (troisième à partir de la gauche) avec son fils, George, et ses petits-fils, Gregory et Alex. Toronto, 2002.

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    Leslie et son fils, George, au mariage d’un ami. 2005.

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    Les petits-enfants de Leslie : Gregory et Alex, 2011.

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    La petite-fille de Leslie, Jaclyn, 2011.

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    Leslie s’adressant à un groupe d’étudiants du Collège régional Champlain de Saint-Lambert (Cégep). Saint-Lambert, Québec, 2011.

Le livre

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Seul dans la tourmente (Traduction française à venir)

J’ai ouvert le couvercle de ma boîte de souvenirs enfouis. En regardant le parcours de ma longue vie, je suis pris de vertige à contempler la route chaotique et la distance parcourue.

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Seul dans la tourmente (Traduction française à venir)

De Bouquets et Travaux forcés

Miklós Horthy, le régent de la Hongrie, a déclaré qu’il avait l’intention de demander la paix aux Alliés et à l’Union soviétique. Le jour même, le parti fasciste des Croix fléchées, avec l’appui du régime nazi, a usurpé le pouvoir par un coup d’État.  Au lieu de réintégrer son unité, George est entré en clandestinité.

C’était le chaos. Le lieutenant Ujvary m’a convoqué dans son bureau et m’a dit : « Mon garçon, je suis désolé de te dire que tu dois emballer ton atelier de réparations dans des boîtes – tout. Notre unité est sur le point de partir. Si tu as des projets, parles-en au deuxième classe Jozsi Denes, le Tsigane, et procure-toi de l’argent. Je te souhaite bonne chance et, si nous survivons à cette maudite guerre, nous fêterons ça ensemble. Ce que je t’ai dit est confidentiel. » Je lui ai serré la main et j’ai répondu : « Je vous remercie et vous souhaite bonne chance aussi.  Vous avez su être droit et intègre.  Que Dieu vous garde. »

J’ai compris le message d’Ujvary. J’ai révélé à Tibor et à huit autres proches amis que j’envisageais de m’enfuir car, vu la prise de pouvoir du gouvernement, l’unité serait presque certainement obligée de partir prochainement en Allemagne pour travailler à l’effort de guerre.  Je leur ai ensuite demandé de se joindre à moi. Je leur ai dit que nous aurions à payer une sentinelle qui accepte fermer les yeux sur notre évasion.  Nous nous sommes arrangés pour réunir le peu d’argent que nos familles nous avaient donné.

 Le lendemain soir, j’ai demandé à Jozsi, le soldat de garde, de venir me voir à l’atelier afin que j’ajuste les talons de ses bottes.  Je lui ai dévoilé notre plan et lui ai demandé sa coopération. Je lui ai donné l’argent que nous avions réuni dont la somme a semblé lui plaire. Notre plan comptait sur le fait qu’il montait la garde le matin, à l’entrée secondaire dont la clôture était en planches de bois. Il a dit qu’il regarderait intentionnellement dans l’autre sens pendant 10 minutes. Ce délai serait suffisant pour nous échapper tous les dix en déplaçant une planche mal ajustée de la clôture.

Tout était réglé. J’ai placé mon matériel de réparations de chaussures dans des boîtes et j’ai laissé tous mes vêtements suspendus à leurs clous. À 5 heures le lendemain matin, nous avons quitté la pièce en silence. Jozsi était présent, comme convenu. J’ai été le dernier à passer la clôture. Une de mes jambes était à l’extérieur de la palissade quand un détachement de l’armée allemande d’environ 50 soldats a fait son apparition. J’ai immédiatement fait semblant d’être en train de réparer la clôture endommagée. Les soldats m’ont jeté un coup d’oeil, mais ne se sont pas arrêtés. Quelques secondes à peine avant l’échéance des 10 minutes, j’ai pu me dégager et fuir. Je l’avais échappé belle !

J’ai fait glisser le brassard jaune de mon bras et dit adieu à mes amis. Mon argent à la main, je suis monté dans le premier tramway qui passait. Heureusement, il était presque vide et le conducteur, un vieil homme, n’a pas semblé se soucier de qui j’étais.

Quand je suis revenu à Budapest après la guerre, j’ai été attristé d’apprendre qu’aucun des amis avec lesquels je m’étais échappé n’avait survécu.