Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste

Leslie Mezei

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Né(e)
09 juillet 1931 Gödöllő, Hongrie

Map of Mukacevo, Czechoslovakia

immigré(e)
1948 Toronto

Leslie Mezei, garçon de 12 ans enjoué et curieux, ne prend pas la mesure de la menace qui pèse sur sa vie en tant que Juif durant l’occupation allemande de la Hongrie en 1944. Si Magda, sa sœur aînée, consciente du danger que représentent les nazis et les fascistes, décide courageusement de prendre en charge la survie de sa famille, sa sœur Klari, tenace et déterminée, doit faire face à une rude épreuve. Confrontés à la déportation et aux camps de concentration, vivant dans la peur constante d’être capturés, les enfants Mezei doivent braver les réalités éprouvantes de la Hongrie en période de guerre. Au terme du conflit, les membres de la famille se réunissent brièvement, avant d’emprunter des chemin différents pour refaire leurs vies. C’est à Montréal que Leslie rencontre sa femme, Annie, elle aussi rescapée de l’Holocauste. Dans Destins croisés, les voix de Leslie, Magda, Klari et Annie, s’enchevêtrent pour former le tissu d’une mémoire collective faite de courage, de résilience, et du désir de se reconstruire.

En savoir plus sur Leslie

Leslie Mezei est né le 9 juillet 1931 à Gödöllő, en Hongrie. Il a émigré au Canada en 1948, où il a terminé ses études secondaires, avant d’obtenir un baccalauréat en mathématiques et physique à l’Université McGill, puis une maîtrise en météorologie à l’Université de Toronto. Après avoir travaillé entre 1955 et 1965 comme analyste et programmeur de systèmes informatiques, Leslie est devenu professeur d’informatique à l’Université de Toronto. Considéré comme un pionnier dans le domaine de l’art numérique, ses articles ont paru régulièrement dans les revues Computers and Automation et Artscanada. Leslie a également mis au point deux nouveaux langages de programmation graphique, et créé des œuvres d’art numérique novatrices, exposées à l’international. En 1953, il a épousé Annie Wasserman avec qui il a eu deux enfants. Sa femme est décédée en 1977. Aujourd’hui, Leslie vit à Toronto avec son épouse Kathy, entourés de leurs cinq enfants et onze petits-enfants. Depuis 25 ans, il est engagé au sein de mouvements interconfessionnels et interspirituels pour lesquels il s’est vu décerner cinq prix. En outre, il a dirigé durant de nombreuses années la publication du journal Interfaith Unity News, dont la mission consiste à faire passer un message d’unité dans la diversité.

Photos et Artefacts

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Le livre

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Destins croisés (traduction française à venir)

Je l’ai échappé belle à de nombreuses reprises, et je pense aujourd’hui que la survie en ces temps difficiles dépendait d’un esprit vif, d’évasions miraculeuses et d’une forte volonté de vivre.

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Destins croisés (traduction française à venir)

Un jour, je suis allé rendre visite à un ami qui habitait l’immeuble où notre famille avait vécu avant de fuir à Budapest. Pendant que je m’y trouvais, un détachement de soldats hongrois est entré dans la cour intérieure du bâtiment et a aligné tous les Juifs qui habitaient l’immeuble pour les embarquer. Tandis que je me dirigeais vers la porte de sortie, un soldat m’a arrêté. 

 « Où vas-tu comme ça ?

– Je pars. Je ne vis pas ici.

– Mais tu es juif ! s’est-il exclamé après m’avoir fusillé du regard.

– Non, je ne suis pas juif », lui ai-je répondu.

– Dans ce cas, que fais-tu ici ? »

Je savais qu’en lui avouant que je rendais visite à un ami juif, je ne m’attirerais que des ennuis. Heureusement, je me suis souvenu que des sirènes annonçant des raids aériens avaient retenti juste avant l’arrivée des soldats. « Je me suis réfugié ici dès que j’ai entendu l’alerte. »

Un officier est alors arrivé et le soldat lui a raconté ma version des faits. « Oh, ne t’embête pas avec ça. Laisse-le partir », lui a-t-il ordonné. 

Alors qu’il me conduisait vers la sortie, le soldat m’a dit : « Je pense tout de même que tu es juif. »

Je lui ai répliqué avec arrogance que l’erreur était humaine et je suis reparti, libre.            

J’étais si fier de ma présence d’esprit face au soldat que cette histoire a plus tard fait l’objet de mon premier texte publié, paru dans mon album des finissants. Ce n’est qu’au cours de ces dernières années que j’ai réalisé la gravité de la situation : j’aurais pu être capturé par les soldats hongrois et ma famille n’aurait jamais rien su de mon sort funeste. Je l’ai échappé belle à de nombreuses reprises, et je pense aujourd’hui que la survie en ces temps difficiles dépendait d’un esprit vif, d’évasions miraculeuses et d’une forte volonté de vivre. Mais je n’en étais pas concient à l’époque ; nous faisions tout simplement le nécessaire pour subsister.