Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste

Elly Gotz

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Né(e)
08 mars 1928 Kovno (Kaunas), Lituanie

Map of Mukacevo, Czechoslovakia

immigré(e)
1964 Toronto

Alors âgé de seize ans, Elly Gotz et sa famille se cachent dans un sous-sol dans le ghetto de Kovno (Lituanie), décidés à mourir plutôt que d’être capturés par les nazis. Après avoir survécu durant trois années dans le Ghetto où des milliers de membres de sa communauté ont trouvé la mort, Elly et sa famille refusent de devenir les prochaines victimes des nazis. Ne pouvant échapper à la liquidation du Ghetto durant l’été 1944, ils finissent par se rendre et sont séparés quand Elly et son père sont déportés au camp de concentration de Dachau. Après la guerre, il fuit l’Europe et son passé afin de retrouver sa jeunesse perdue et de reprendre les études qu’il n’a pu poursuivre. Sa motivation et son esprit d’entreprise renforcent sa détermination à réussir dans la vie et à trouver la force de devenir pilote.

En savoir plus sur Elly

Elly Gotz est né en 1928 à Kovno (Kaunas) en Lituanie. Elly et ses parents ont immigré en Norvège en 1947, puis au Zimbabwe. Il s’est installé à Toronto en 1964, où il a fondé plusieurs entreprises et concrétisé son rêve de devenir pilote. En 2017, alors âgé de 99 ans, il a réalisé une autre ambition : effectuer un saut en parachute.

Photos et Artefacts

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    Julius (Judel) Gotz, le père d’Elly. Kaunas (Lituanie), 1926.

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    Sonja Gotz (née Wilentschuk), la mère d’Elly. Kaunas (Lituanie), 1926.

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    Joshua Gotz, le grand-père paternel d’Elly. Kaunas (Lituanie), 1934.

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    Bluma Gotz, la grand-mère paternelle d’Elly. Kaunas (Lituanie), 1934.

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    Elly, âgé de six ans, sur son premier vélo. Kaunas (Lituanie), 1934.

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    Elly sur son vélo dans la rue principale, Laisvės Alėja, où il habitait avec sa famille. Kaunas (Lituanie), vers 1935.

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    Elly, âgé de huit ans, durant les vacances d’été. Kulautuva (Lituanie), 1936.

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    Elly entouré de sa famille. De gauche à droite : Sonia, une amie de la famille; sa mère Sonja; son oncle Samuel Gotz; sa grand-mère Bluma Gotz; Elly; son père Julius; sa grand-mère Chaya Leah (Alte); son grand-père Joshua Gotz. Kaunas (Lituanie), 1936.

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    Elly et sa mère. Kaunas (Lituanie), 1937.

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    Elly, âgé de treize ans, portant l’uniforme de l’école secondaire qu’il pensait intégrer avant l’invasion de la Lituanie par l’Allemagne. Kaunas (Lituanie), 1941.

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    Elly (debout) enseignant à la Fachschule(école de commerce) du ghetto de Kovno. Àsa droite se trouve Itzchak Kopilowitz, qu’il a retrouvé à Tel Aviv en 2007. Le photographe, George Kadish, a pris cette photo ainsi que de nombreux autres clichés clandestinement dans le Ghetto en 1944. Elly a découvert cette photographie par hasard en 1994, au Musée du mémorial de l’Holocauste des États-Unis à Washington, DC.

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    Elly et sa mère Sonja, après leur émigration d’Allemagne. Halden (Norvège), 1947.

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    Elly posant avec un crocodile à la suite d’une partie de chasse sur le Zambèze. Rhodésie (Zimbabwe), 1954.

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    Elly lors de la remise de son diplôme d’ingénieur de l’université de Witwatersrand. Johannesbourg (Afrique du Sud), 1952.

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    Esme et Elly à leur mariage, entourés de leurs parents. De gauche à droite : Abram, le père d’Esme; Hilda, la mère d’Esme; Esme; Elly; sa mère Sonja et son père Julius. Johannesbourg (Afrique du Sud), 16 mars 1958.

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    Elly et Esme rendant visite à la famille en Norvège après leur mariage. De gauche à droite : l’oncle Anatol (Tanchum); Elly; l’oncle David; la cousine Dalia; Esme ; l’oncle Gedalie; la cousine Liv; la tante Nata; la belle-sœur de l’oncle Gedalie; Beks, la femme de l’oncle Gedalie ; et la tante Mary. Oslo (Norvège), 1958.

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    Elly avec sa famille chez lui à Toronto. De gauche à droite : son fils Ruven ; sa mère Sonja ; sa femme Esme ; sa fille Avril ; Elly ; son père Julius et sa fille Julia. 1970.

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    Esme et Elly. Toronto, 1971.

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    Esme et Elly avec leur fils Ruven, lors de sa remise de diplôme de l’université de Toronto en 1984.

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    Esme avec ses filles Avril (à gauche) et Julia (à droite). Toronto, 1990.

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    Esme et Elly avec leurs petites-filles jumelles, Ilana (à gauche) et Anita (à droite) Gotz. Toronto, 1991.

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    Anita (à gauche) et Ilana (à droite) lors de leur remise de diplôme. Kingston, 2014.

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    La famille de la fille d’Elly, Avril Kurr. À l’arrière-plan, de gauche à droite : Sarah, la petite-fille d’Elly ; sa fille Avril ; son gendre Martin. À l’avant-plan : Martin et Robin, le petit-fils et la petite-fille d’Elly. Owen Sound, 2008.

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    Ethan Gotz, le petit-fils d’Elly. Toronto, 2010.

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    Ruven et Deborah Gotz, le fils et la belle-fille d’Elly. 2018.

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    Elly témoignant devant des élèves de l’école secondaire de Sherwood. Hamilton, 2013.

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    Elly, à l’âge de 89 ans, lors de son saut en parachute. Cookstown, 2017.

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    Elly et Esme célèbrent leur 60e anniversaire de mariage ainsi que les 90 ans d’Elly. Toronto, mars 2018.

Le livre

Cover of Flights of Spirit (Traduction française à venir)

Flights of Spirit (Traduction française à venir)

J’ai eu le temps de réfléchir et de nombreuses questions me sont venues à l’esprit : que ressent-on quand on meurt ? Le cerveau continue-t-il de fonctionner après l’arrêt du cœur ? Ma mère était une femme forte à qui je faisais confiance, mais saurait-elle me faire à moi, son fils unique, la première injection ?

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Flights of Spirit (Traduction française à venir)

Des seringues sur un plateau

L’événement de plus dramatique de ma vie a eu lieu durant l’été 1944. J’avais seize ans quand j’ai été confronté à la mort. En temps de guerre, la mort peut frapper à tout moment. Mais, ce jour-là, la mort ne devait pas venir de la main de mon ennemi, mais de celle de ma mère bien-aimée.

Je me cachais dans le sous-sol avec ma mère, mon père, mes trois oncles et ma tante. Nous avions obstrué l’accès à la pièce à l’aide d’une vieille armoire et nous restions assis à écouter les bruits venant de l’extérieur. Nous avions convenu d’un commun accord que nous préférions mourir dans ce sous-sol plutôt que d’être arrêtés et fusillés au Neuvième fort de Kaunas en Lituanie.

Ma mère, qui avait été infirmière en chirurgie à l’hôpital du Ghetto, s’était vue confier la tâche d’organiser notre suicide collectif. Ainsi, elle avait rempli plusieurs seringues d’un puissant médicament pour le cœur et prévoyait de nous en injecter une dose excessive dans les veines pour provoquer un arrêt cardiaque.

J’observais ma mère tandis qu’elle préparait un plateau recouvert d’un tissu blanc et propre. Elle avait disposé sur le plateau un flacon d’alcool à usage médical et une boule de coton à côté de chaque seringue. Je trouvais cela amusant. Comme il s’agissait d’une injection létale, j’ai rappelé à ma mère qu’il n’était pas nécessaire de respecter les règles d’hygiène habituelles. Hormis ma mère, tout le monde s’est mis à rire, et elle a enlevé du plateau les boules de coton.

Rester assis des jours durant dans ce sombre sous-sol était d’un ennui indescriptible. J’ai eu le temps de réfléchir et de nombreuses questions me sont venues à l’esprit : que ressent-on quand on meurt ? Le cerveau continue-t-il de fonctionner après l’arrêt du cœur ? Ma mère était une femme forte à qui je faisais confiance, mais saurait-elle me faire à moi, son fils unique, la première injection ?

J’ai essayé d’imaginer ma mère nous administrant la piqûre à tous les six, avant de s’injecter elle-même. Puis, j’ai essayé de nous imaginer, tous les sept, allongés sur le sol, attendant que le médicament fasse son effet. Que nous dirions-nous ? Allions-nous rire ou pleurer ? Est ce que ça serait douloureux ? En essayant de me représenter la scène, j’ai décidé qu’il serait préférable de passer le premier — je ne voulais pas assister à tout cela.

Je vais maintenant essayer de décrire les circonstances qui ont pu pousser une femme comme ma mère à envisager de tuer son fils et sa famille. Nous avons conclu ce pacte suicidaire après avoir passé trois ans, entre 1941 et 1944, dans le ghetto de Kaunas — devenu par la suite le camp de concentration de Kauen — en Lituanie.  Pour comprendre mon récit, il faut savoir ce qui se passait dans le ghetto de Kaunas pendant ces trois années.