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Pourquoi (et quand) nous recueillons-nous pour commémorer l’Holocauste ?

Yom HaShoah V’Hagvurah, La Journée du souvenir  de l’Holocauste et de l’héroïsme, 14 avril 2026, 27 Nissan 5786

À l’approche de Yom Hashoah, la Journée du souvenir de l’Holocauste, j’entends souvent cette question : « Attendez, n’avons-nous pas commémoré l’Holocauste en janvier ? » La question est justifiée, et la réponse est oui… et non.

Au Canada, nous nous recueillons à trois moments au cours de l’année afin de rendre hommage aux victimes et aux survivantes et survivants de l’Holocauste. Chacun de ces événements a sa signification propre.

Le 27 janvier marque la libération du complexe concentrationnaire d’Auschwitz en 1945. À cette occasion, le Canada se joint au monde entier pour commémorer la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. Reconnue par les Nations unies, elle est aussi soulignée par les écoles, les organisations et les gouvernements canadiens.

Au printemps, les communautés juives du Canada et du monde entier observent Yom HaShoah. Sa date variant d’année en année selon le calendrier hébraïque, cette journée du souvenir est cependant liée à un événement historique précis : le soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943, le plus grand acte de résistance juive de la Seconde Guerre mondiale. Yom HaShoah a été institué dans les années 1950 par l’État d’Israël pour commémorer non seulement la destruction de la vie juive, mais aussi le courage de celles et ceux qui ont résisté à la persécution nazie malgré une mort certaine. Le soulèvement de 1943 ayant débuté la veille de Pessah, cette journée solennelle est soulignée au lendemain des célébrations de la Pâque juive.

Novembre est le troisième moment de l’année consacré au souvenir de ce génocide. De nombreuses communautés, des écoles et des musées de l’Holocauste du Canada prennent part à des activités de la Semaine de l’éducation sur l’Holocauste, voire du Mois de l’éducation sur l’Holocauste. Ce moment aussi est révélateur : les 9 et 10 novembre marquent l’anniversaire du pogrom de Novembre de 1938, souvent appelé Kristallnacht, durant lequel une série de violences orchestrée par le pouvoir nazi a éclaté contre les Juifs d’Allemagne et d’Autriche. Durant cette escalade terrifiante des persécutions antisémites, les nazis ont incendié des synagogues, détruit des domiciles et des commerces juifs, et déporté des milliers de Juifs vers des camps de concentration.

Alors, si l’on a l’impression que l’on commémore officiellement l’Holocauste plus d’une fois par an, c’est parce que c’est bien le cas.

Et c’est peut-être précisément ce dont nous avons besoin : certaines journées sont consacrées à un recueillement à plus grande échelle, d’autres à l’éducation, et d’autres encore au devoir collectif de mémoire. En prenant part à ces différents événements, nous faisons en sorte que l’histoire de l’Holocauste et les voix des survivantes et des survivants soient entendues, au Canada et ailleurs. 

Jody Spiegel
directrice du Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste, Fondation Azrieli