Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste

Renate Krakauer

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Né(e)
28 février 1941 Stanislawów, Pologne

Map of Mukacevo, Czechoslovakia

immigré(e)
1948 Toronto

William Tannenzapf est déterminé à survivre et à sauver sa femme et leur bébé des griffes des nazis qui se resserrent sur leur ville d’origine, Stanislawów. Renate, blonde, angélique, le « bébé miraculé », est née alors que le monde sombrait dans la guerre et s’est rapidement retrouvée entourée par la misère et la mort. Affamé, réduit en esclavage, Tannenzapf confie sa fille à une famille polonaise pour que la petite puisse vivre dans l’ « innocence de l’enfance » – toujours sous le regard aimant de ses parents. Plus tard, parents et enfant sont réunis et jetés dans les tourments de la vie de réfugiés puis d’immigrés dont Renate Krakauer offre un aperçu fascinant, de son point de vue d’enfant survivante. Ses observations profondes sont un contrepoint émouvant aux réflexions d’adulte de son père sur les mêmes événements. Cet ouvrage captivant offre ainsi au lecteur l’opportunité rare de lire les récits de survie de deux membres d’une même famille, de deux générations.

À propos de Renate

William Tannenzapf est né en 1911, et sa fille, Renate, a vu le jour en mars 1941, durant l’occupation nazie. La famille a immigré au Canada en 1948. William Tannenzapf est décédé en 2011, à l’âge de 100 ans. Renate Krakauer vit à Toronto, où elle consacre notamment son temps à la rédaction de nouvelles et d’essais, dont plusieurs ont été publiés.

Photos et Artefacts

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    Le père de Renate, William. 1929.

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    La mère de Renate, Charlotte. 1929.

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    Nitka (Johanna) Feld, la tante de Renate.

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    Klara, la tante de Renate.

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    Nusko, l’oncle de Renate, et son fils Milek.

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    La grand-mère de Renate, Raizel Mandel. 1926.

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    La mère de Renate, Charlotte (assise à droite), en uniforme de scout, en compagnie des « filles du groupe de la Menorah ». 1927.

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    La mère de Renate, Charlotte, et sa tante, Mańka Mandel. Prague. Vers 1930.

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    La mère de Renate, Charlotte (à l’arrière-plan, à gauche), et Tulo Wuhl (au premier plan, à droite), le cousin de son père William, en compagnie de leur « groupe de la Menorah ». Stanisławów, février 1932.

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    De gauche à droite : Içio et Jacek (les frères de Charlotte, la mère de Renate), Charlotte et Halina (la femme de Jacek). Zakopane, Pologne, juillet 1935.

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    La mère de Renate, Charlotte, en compagnie de membres de sa famille. De gauche à droite : Mańka (la sœur de Halina Mandel), Charlotte, Mańka (la sœur de Charlotte) et Halina (la belle-sœur de Charlotte), avec sa fille Sylvia dans ses bras. Łaziska Górne, Pologne, 1937.

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    Renate, à l’âge de 4 ans. Stanisławów, septembre 1945.

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    Renate et sa mère, Charlotte. Brzeg nad Odrą, 1946.

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    Renate, avec sa mère, Charlotte et son père, William. Camp de personnes déplacées d’Eggenfelden, Allemagne, 1946-1947.

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    Renate, sur scène. Eggenfelden, 1946.

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    Renate et son père, William, en route pour un pique-nique. Eggenfelden, 1947.

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    Renate (rangée du centre, deuxième en partant de la droite), avec ses camarades de maternelle et leur enseignante, Mme Silber. Eggenfelden, 1946.

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    Renate (deuxième en partant de la droite), en compagnie de sa meilleure amie Bogusia (première en partant de la gauche) et d’autres camarades. Eggenfelden, 1947.

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    Le père de Renate, William Tannenzapf (deuxième en partant de la droite) devant l’école de l’ORT, où il était principal. Eggenfelden, 1947.

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    Élève en communications de l’école de l’ORT, où le père de Renate, William, était principal. Camp de personnes déplacées à Pöcking, Allemagne, vers 1947.

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    Le père de Renate, William (troisième à partir de la droite), lors d’une marche célébrant la création de l’État d’Israël. Eggenfelden, mai 1948.

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    Carte de membre de l’Union of Jewish Engineers de William Tannenzapf, le père de Renate. Zone d’occupation américaine, Allemagne, 1947-1948.

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    Carte de membre de la Jewish Medical Association de Charlotte, la mère de Renate. Munich, zone d’occupation américaine, Allemagne, 1948.

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    Documents canadiens d’immigration de Renate, de son père, William, et de sa mère, Charlotte. 1948.

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    Carte d’identité d’immigration au Canada de Renate. 1948.

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    La tante de Renate, Esther, en compagnie de son mari Mordechai et de leur fille Nili. Israël, 1948.

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    Renate, avec son père, William, et sa mère, Charlotte. Montréal, vers 1950.

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    Charlotte, la mère de Renate, avec des amis. À l’arrière-plan, de gauche à droite : M. et Mme Ackerman (survivants de l’Holocauste comme les Tannenzapf) et Charlotte; au premier plan, de gauche à droite : Renate, Maxie Ackerman, une personne non identifiée et Charlotte (l’amie de Renate). Val-Morin, Québec, 1953.

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    La mère de Renate, Charlotte Tannenzapf. Montréal, 1955.

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    Photographie du père de Renate, William (Bill) Tannenzapf, illustrant un article du Westinghouse News annonçant le prix qu’il avait remporté pour l’un de ses trois brevets déposés dans le domaine du balisage lumineux des aéroports. Hamilton, juillet 1979.

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    La famille de Renate à l’occasion de la bar mitsvah de son fils, Rob Krakauer, à Toronto, en 1978. À l’arrière-plan, de gauche à droite : Charlotte et William (les parents de Renate), et Renate; au premier plan, de gauche à droite : Lianne, Rob et Susan Krakauer, les enfants de Renate.

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    Renate au mariage de son fils, Rob Krakauer, avec Jill Nurse, le 8 octobre 2008. De gauche à droite (debout) : Lianne Krakauer et Susan Krakauer (les filles de Renate), William Tannenzapf (son père), Jill Nurse, Rob Krakauer, Hank Lobbenberg (le mari de Renate) et Renate. Au premier plan : Charlotte Tannenzapf, sa mère.

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    Renate Krakauer et son mari, Hank Lobbenberg. Toronto, 2008.

Le livre

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Souvenirs de l’abîme / Le Bonheur de l’innocence

Les tourments de l’Holocauste ont eu beaucoup plus d’influence sur ma vie, voire sur celle de mes enfants...

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Souvenirs de l’abîme / Le Bonheur de l’innocence

Survivre en clandestinité

Les gens mouraient comme des mouches autour de nous, que ce soit durant les Aktionen quotidiennes ou lors des exécutions en masse perpétrées au cimetière juif, après que les victimes avaient été forcées d’y creuser leur propre tombe. D’autres étaient emmenés en charrettes vers les trains à destination du camp de la mort de Bełzec. Et certains mouraient des suites de maladies, principalement du typhus, en raison des conditions d’hygiène abominables. Puis, évidemment, il y avait la faim. Les corps gisants dans la rue étaient chose courante, malgré le passage régulier de charrettes destinées à les ramasser.

La liquidation du ghetto de Stanisławów était imminente. Defait, à la fin du mois de février 1943, les Allemands l’ont déclaré « judenrein », nettoyé des Juifs.

Mais avant ce moment fatidique, avant qu’il ne soit trop tard, ma mère avait senti qu’il fallait faire quelque chose. En décembre 1942, elle avait perdu presque tous les membres de sa famille et son bébé lui semblait plus triste et plus maigre de jour en jour. J’avais près de 2 ans, mais je ne marchais pas encore. Je parlais à peine. Par un matin froid et couvert, elle m’a prise avec elle, nous a emmitouflées étroitement dans un édredon et s’est approchée de la Schleuse (porte) principale du Ghetto, où son cousin Jakob Mandel était de service. Cet homme solide et trapu avait fait des affaires avec les Allemands avant la guerre, mais bien que ses loyaux services lui aient valu une place d’autorité dans la communauté, il a tout de même été exécuté plus tard par les nazis. Ce jour-là, les deux cousins ont échangé un regard furtif, puis Mandel s’est retourné, permettant ainsi à ma mère de passer derrière son large dos avec son précieux paquet.

Une fois sortie du Ghetto, ma mère a retiré son brassard bleu et blanc portant l’étoile de David et s’est mise à courir dans la rue pavée, s’attendant à tout moment à recevoir une balle dans le dos. À cette époque, j’avais appris à me tenir tranquille, et être si près de ma mère suffisait à me rendre heureuse. Nous nous sommes réfugiées sur le seuil de l’appartement d’une ancienne voisine qui, craignant sans doute pour sa vie, nous a vite tirées vers l’intérieur. Cette nuitlà, j’ai dormi dans le lit de Pani (Mme) Poliszowa, blottie entre elle et ma mère.

Mon bonheur a été de courte durée. Dès le lendemain, ma mère m’a confiée à une ancienne domestique de son frère, Józia, qui m’a emmenée chez sa soeur Marynia à Pozniki, un village voisin. Cette veuve et ses deux petits garçons de 3 et 6 ans ont été ma nouvelle famille durant 18 mois. Avec mes cheveux blonds, mes yeux bleus et mon petit nez, je passais facilement pour la petite soeur. Ayant souffert de malnutrition et de nombreuses maladies infantiles, j’ai tout de même mis un certain temps à jouir d’une bonne santé.