Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste

George Stern

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Né(e)
21 avril 1931 Újpest, Hongrie

Map of Mukacevo, Czechoslovakia

Immigré(e)
1970 Toronto

George Stern va avoir 13 ans quand l’Allemagne envahit sa Hongrie natale. Des mesures antijuives sont mises en place. George refuse de porter l’étoile juive et se fait passer pour un jeune chrétien. Il survit au siège de Budapest que l’armée soviétique bombarde tandis que les Croix fléchées pourchassent les Juifs. Après la libération, George part en Israël et participe à la guerre d’Indépendance. Par la suite, la famille s’installera au Brésil puis à Toronto. Ces mémoires retracent de manière poignante la jeunesse perdue de George Stern.

À propos de George

George Stern est né le 21 avril 1931, à Újpest, en banlieue de Budapest. Après la Deuxième Guerre mondiale, il a immigré en Israël et a combattu pendant la Guerre d’indépendance. En 1960, lui et sa femme, Judit, ont quitté Israël pour São Paulo, au Brésil, puis ils ont immigré au Canada en 1970. George Stern participe activement à l’enseignement de l’Holocauste tant à Toronto, où il vit toujours avec sa femme Judit, qu’en Floride.

Photos et Objets

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    Les grands-parents paternels de George, Bertha (née Fleischman) et Fülöp Stern.

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    La mère de George, Leona (à droite), avec ses sœurs Rózsi (au centre) et Jolán (à gauche).

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    George (deuxième à partir de la gauche) avec son père, Ernő (à gauche), sa sœur, Ágnes (deuxième à partir de la droite) et sa mère, Leona (à droite).

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    L’oncle paternel de George, Jenő; son cousin Iván; et sa tante Lili.

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    Page du passeport suédois qui a permis à George et à son père Ernő, de trouver refuge dans l’une des « maisons protégées » placées sous la responsabilité de la légation suédoise, à Budapest à l’automne 1944.

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    La famille de la femme de George, Judit Katz, devant la « maison marquée de l’étoile jaune » dans le ghetto de Budapest en 1944. De gauche à droite : la sœur de Judit, Klara; sa mère, Blanka; sa sœur Éva; son père, Izidor (Israel); et Judit.

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    George, à l’âge de 19 ans, dans l’armée israélienne.

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    George (troisième à partir de la gauche) avec des amis dans l’armée israélienne. 1949.

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    Photo de mariage de George et Judit. Ramat Gan, Israël, le 16 août 1951.

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    La sœur de George, Ágnes, avec son mari, Endre Szàntó, et leurs deux enfants, Tomàs et Annetta.

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    George à bord du bateau qui le conduit au Brésil. Septembre 1960.

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    George et sa femme, Judit, à l’occasion d’une réception en l’honneur de Zalman Shazar, président de l’État d’Israël, avec la femme de l’ambassadeur au Togo. São Paulo, Brésil, 1966.

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    George, Judit et leurs enfants, Iris et Paul, dans leur nouvel appartement à São Paulo. Années 1960.

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    Judit, la femme de George, avec leurs enfants, Iris et Paul. Los Angeles, 1970.

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    La famille de George à Toronto en 1975. À l’arrière-plan, de gauche à droite : son fils, Paul; George; et sa fille, Iris; à l’avant-plan (assise) : sa femme, Judit.

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    Mariage d’Iris Stern et Darrel Yashinsky. Toronto, 1983. De gauche à droite : George; sa femme, Judit; sa fille, Iris; et Darrel.

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    L’oncle paternel de George, Àrmin Stern, et sa femme, Sosanna, au mariage de la fille de George, Iris. Toronto, 1983.

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    Pierre commémorative dédiée à la mère de George, Leona, (au centre, deuxième pierre à partir du haut). Lipa Green Centre, Toronto.

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    George tenant une bannière honorant ses parents, Leona et Arnold Stern, ainsi que les parents de sa femme, Judit, Israel et Blanka Katz. Congrégation Beth Tikvah, Toronto, vers 2004.

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    George en compagnie de l’ambassadeur d’Israël, Alan Baker, lors d’un hommage rendu par l’organisation Mizrachi du Canada aux anciens combattants de 1948, à l’occasion des célébrations du 60e anniversaire de la création de l’État d’Israël. Toronto, 2008.

Le livre

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Une jeuneusse perdue

Dès que j’entendais les avions, je courais à l’étage et sortais pour regarder approcher les bombardiers. C’était dangereux mais je n’avais pas peur. Je priais Dieu que ces appareils américains anéantissent les nazis et leurs usines afin que nous recouvrions enfin la liberté.

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Une jeuneusse perdue

Peu avant la fin mai 1944, mon père a trouvé un non-Juif qui était prêt à nous vendre trois documents : l’acte de naissance de son fils chrétien, un bulletin scolaire et une carte d’adhérent pour les boy-scouts. Ces documents me correspondaient tout à fait, car ce garçon avait à peu près mon âge. Il s’appelait József, ou Józsi, prénom commun en Hongrie, et son nom de famille était Kovács, patronyme typiquement chrétien. Je devais désormais devenir Józsi Kovács : il fallait que j’ancre ce nom dans ma mémoire et que j’oublie ma propre identité. Mais j’ai pris plusieurs jours pour y arriver, et il en a été de même avec le lieu où j’étais né et ma nouvelle date de naissance. Mon père a acheté des papiers pour ma mère aussi, mais elle ne voulait toujours pas fuir sans ma soeur.

Si réticente que soit ma mère à partir sans sa fille, elle était néanmoins favorable à ce que je m’échappe du Ghetto. Je crois qu’elle pressentait l’avenir, et le danger qu’il y avait à rester. J’ai préparé une petite valise de vêtements et le lendemain matin, j’ai embrassé ma mère pour lui faire mes adieux. Elle pleurait au moment où j’ai quitté la maison pour prendre le tramway pour Budapest. C’est la dernière fois que je l’ai vue.

Ce matin-là, je ne me suis pas rendu à l’école, contrairement à mes habitudes, mais à un appartement dans un petit complexe situé place Madách où tante Aranka, oncle Frici, mes cousins Vera et Tomàs habitaient temporairement chez le frère de Frici. Leur famille avait quitté Újpest juste après l’arrivée des Allemands, ce qui avait été plus facile pour mon oncle qui était blond aux yeux bleus et ne ressemblait pas à un Juif, selon les critères allemands. Il pouvait sortir dépourvu de son étoile jaune sans se soucier de se faire appréhender.

Je suis resté chez eux pendant deux ou trois semaines, à discuter d’abris possibles où nous serions en sécurité. À présent, les Juifs polonais échappés de camps ou de ghettos et qui vivaient à Budapest répandaient la rumeur de ce qui se passait dans les camps de la mort en Pologne et en Autriche. Nous savions tous que les nazis ne tarderaient pas à massacrer aussi les Juifs de Budapest. Nous avons envisagé de fuir à la campagne pour nous y cacher, mais nous savions que nous ne pourrions pas demeurer tous ensemble. Mon oncle, ma tante et Tomàs, qui n’avait que 10 ans, disposaient d’un endroit où habiter : il s’agissait d’une ferme, située non loin de Budapest. Cependant, ma cousine Vera, âgée de 12 ans, et moi-même, âgé de 13 ans, n’avions nulle part où aller.