Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste

David Newman

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Né(e)
11 décembre 1919 Chmielnik, Pologne

Map of Mukacevo, Czechoslovakia

immigré(e)
1951 Toronto

Les dons de David Newman comme musicien et professeur l’ont plongé dans des années de violence pendant la guerre. Arraché à sa famille en Pologne et déporté vers un camp de travaux forcés à Skarżysko- Kamienna, David a lutté contre le désespoir et le nombre croissant de morts en écrivant des chansons, des poèmes et des satires sur la vie au camp. Plus tard, au camp tristement célèbre de Buchenwald, la Résistance l’a recruté pour une action clandestine destinée à protéger les enfants juifs du camp. Avec ses chansons émouvantes et ses leçons pour les enfants, David a réussi à éveiller une flambée d’espoir, aussi bien en lui qu’en ceux qui l’entouraient.

À propos de David

David Newman est né à Chmielnik, en Pologne, en 1919. Il a immigré à Paris avec sa femme, Anna, et leur fils, Jack, en 1946. En 1951, la famille Newman a immigré à Toronto, où leurs enfants, Jack et Gloria, ont grandi. David a collaboré comme acteur à des productions de théâtre yiddish, a enseigné le yiddish à d’innombrables élèves et a cofondé la congrégation Kol Yisroel au Borochov Centre. David Newman est décédé en 2002.

Photos et Artefacts

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    Le grand-père maternel de David, Eliezer Dajtelbaum. Chmielnik, Pologne, date inconnue.

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    La grand-mère, les oncles et les tantes de David. Chmielnik, Pologne, date inconnue.

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    David, à l’âge de 10 ans, avec ses sœurs Tova Leah, 12 ans, et Faigele, 4 ans. Chmielnik, Pologne, 1929.

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    Itchele Neiman, le père de David. Chmielnik, Pologne, vers 1930.

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    La future femme de David, Hanka (deuxième à partir de la droite, à vélo), et la tante de Hanka, Esther (troisième à partir de la gauche), en route vers Łódź après la Libération. 1945.

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    David et Hanka le jour de leur mariage. Łódź, 14 octobre 1945.

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    David, Hanka et la tante d’Hanka, Esther. Łódź, 14 octobre 1945.

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    Pièce d’identité certifiant que David Newman (Najman) a été détenu au camp de Buchenwald durant la guerre. Landsberg, Allemagne, 1946.

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    Pièce d’identité d’Anna Newman, 1946.

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    David et Hanka avec leur fils, Isaac (Jack). Landsberg, Allemagne, December 1946.

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    Le fils de David et d’Hanka, Isaac, à l’âge de 1 an. Paris, 1947.

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    David et sa femme, Hanka (au centre), avec des cousins et des amis. Paris, 1947.

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    Portrait de famille à Paris. À l’arrière-plan, de gauche à droite : la cousine de David, Arlette; Hanka; David; et le cousin de David, Fernand. Rangée du milieu (au centre) : la tante d’Hanka, Esther, et son mari, Léon. À l’avant-plan : le fils de David et d’Hanka, Isaac, et sa cousine Sabina. Paris, vers 1949.

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    David Newman. Paris, vers 1950.

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    Le fils de David, Isaac (Jack), et sa cousine Sabina. Paris, été 1950.

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    David (deuxième à partir de la gauche) à qui l’on avait demandé d’être cantor, mais qui avait plutôt choisi de chanter au sein même du chœur à la Hebrew Men of England Synagogue. Toronto, 1951.

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    David avec des membres de sa famille à Paris. À l’arrière-plan : l’oncle de David, Charles (à gauche), et David. À l’avant-plan, de gauche à droite : le fils de David, Isaac; tante Fela; la femme de David, Hanka; et Toni, la fille d’oncle Charles et de tante Fela. Paris, 1951.

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    La femme de David, Hanka, et leur fils, Isaac (Jack), sur le General Taylor, en route pour Halifax. Avril 1951.

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    David et sa femme, Hanka, dansant lors d’une soirée. Toronto, 1953.

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    David et sa femme, Hanka, avec des membres du Club Ten (le Club des dix), un groupe de couples survivants de l’Holocauste formant une famille substitue élargie. Toronto, années 1950.

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    David et sa femme, Hanka, avec des membres du Club Ten (le Club des dix), un groupe de couples survivants de l’Holocauste formant une famille substitue élargie. Toronto, années 1960.

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    David et sa femme, Hanka, avec les leurs amis du Club Ten (le Club des dix). Toronto, années 1970.

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    La fille de David, Gloria, le jour de son mariage. De gauche à droite : David; sa femme, Hanka; et leurs enfants, Gloria et Jack. Toronto, années 1970.

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    David et sa fille, Gloria. Toronto, années 1970.

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    David et le président d’Israël, Ephraim Katzir. Jérusalem, 1973.

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    David et sa femme, Hanka, avec les leurs amis du Club Ten (le Club des dix). Toronto, années 1980.

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    David (à l’extrême gauche) figurant dans une publicité annonçant les prochaines représentations de la pièce Come Blow Your Horn.

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    David interprétant le rôle du père dans la pièce Come Blow Your Horn.

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    David enseignant le yiddish. Toronto, 1995.

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    David (au centre) avec des élèves de sa classe de yiddish, Rabbi Korn et Lou Gula. Toronto, 1995.

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    David (à l’extrême droite) avec ses élèves de sa classe de yiddish à la congrégation Adath Israel. Toronto, 1995.

Le livre

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Les Refrains de l’espoir (Traduction française à venir)

Plus nous souffrions, plus notre désir de vivre se renforçait. C’était notre façon de résister à l’humiliation.

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Les Refrains de l’espoir (Traduction française à venir)

Chanter pour résister

En juin 1943, une centaine de jeunes gens et de jeunes femmes sont arrivés au Werk C. Ils avaient été envoyés tout d’abord du ghetto de Varsovie au camp de Majdanek, à proximité de Lublin, mais en raison du manque de travailleurs à Skarżysko, ils avaient été transférés ensuite dans notre camp en remplacement des centaines de prisonniers décédés. Par leur intermédiaire, nous avons appris  que les nazis avaient anéanti les habitants du ghetto de Varsovie. Bien plus tard, nous avons entendu dire que le ghetto de Lodz avait à son tour été liquidé, à l’été 1944, et tous ses habitants déportés à Chełmno et Auschwitz.

 Parmi les nouveaux arrivants de Majdanek se trouvaient des docteurs qui ont été tout de suite envoyés au dispensaire pour y donner des soins. Il se trouvait aussi des acteurs et des chanteurs, ainsi que l’écrivain Mordechaï Strigler dont la contribution au concert du dimanche a enrichi la qualité des textes. Nous chantions même les airs des concerts lorsque nous allions au travail ou que nous en revenions.

 Aujourd’hui, il ne s’agit pas de rire,

C’est du moins ce qu’on m’a dit,

Mais je fais tout le contraire

Car tout m’est égal.

Peu m’importe de changer le monde :

Il n’en vaut plus la peine

Voici un air qui a connu du succès, intitulé Au lager de Skarżysko, que j’ai composé à peine arrivé à Skarżysko:

 Au cœur d’une dense et silencieuse forêt

Se tient le  Lager, cerné de barbelés

Ses habitants, je vous le dis, vivent le martyre.

Le Lager se fiche de savoir

Qui est riche et qui est pauvre.

Depuis des mois j’y traîne ma souffrance,

De la clameur qui s’en élève on pourrait devenir sourd,

Les meurtres de masse m’arrachent le cœur,

Rien ne peut exprimer ma douleur.

Skarżysko, lieu de souffrances, comment,

Mon Dieu, comment t’arracher à ma mémoire ?

Comment faire cesser ce tremblement qui me prend

Quand mes pensées se troublent à ton souvenir ?

 Tous les soirs, le programme s’achevait sur cet air que le public reprenait comme un hymne. Grâce au talent littéraire et artistique des prisonniers venus de Majdanek, nous présentions un nouveau programme chaque semaine. Tous les soirs, après le travail, je retrouvais mon nouvel ami Mordechaï et nous composions des poèmes en yiddish ou en polonais et rédigions des sketchs ou des chansonnettes satiriques sur la vie au Lager.

 Les concerts agissaient comme un baume sur les prisonniers dont l’âme et le corps étaient brisés. Je me souviens d’un dimanche matin, alors que Mordechaï et moi travaillions à une chanson pour la représentation du soir et que nous avions du mal à trouver un vers final. Il n’y avait personne au baraquement, du moins le croyions-nous, car les équipes du soir n’étaient pas encore revenues du travail. Soudain, dans un coin, nous avons entendu quelqu’un prendre la parole très doucement. Nous nous sommes retournés et avons remarqué un jeune homme cadavérique d’une vingtaine d’années, qui ressemblait à un mort-vivant. À grand peine, il soulevait légèrement la tête pour nous regarder, les yeux mi-clos. Il m’a appelé et m’a fourni le verset final du couplet. Puis il m’a demandé de pouvoir assister au concert de la soirée. Il est décédé dans la journée.

 À Skarżysko, la mortalité était si élevée que si le conflit avait duré à peineplus longtemps, les nazis n’auraient eu aucun besoin de tirer sur qui ce soit car nous aurions tous rendu l’âme. Par miracle, certains prisonniers parvenaient à faire entrer de la nourriture en fraude, obtenue en trafiquant avec les travailleurs non juifs. Les détenus risquaient leur vie, car les nazis punissaient avec la dernière sévérité – ou exécutaient – quiconque tentait d’améliorer son sort.