Le Programme des mémoires de survivants de l’Holocauste

Andy Réti

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Né(e)
17 juillet 1942 Budapest, Hongrie

Map of Mukacevo, Czechoslovakia

Immigré(e)
1957 Toronto, Ontario

À l’automne 1941, Ibolya (Ibi) Grossman apprend qu’elle est enceinte alors que la situation des Juifs en Europe ne fait qu’empirer. Avoir un bébé en temps de guerre ? Elle est effrayée, perdue. Mais son mari Zolti lui affirme : « Nous avons besoin de ce bébé, tu verras. » À la naissance d’András (Andy), Ibi se rend compte que son mari disait vrai. La présence d’Andy lui donne une raison de tenir le coup durant les moments les plus durs dans le ghetto de Budapest, et de persévérer dans leur tentative de fuir la Hongrie à la fin de la guerre. Alors que l’histoire d’Ibi est un hommage à son fils, les mémoires d’Andy, témoignage de leurs souvenirs, à lui et à sa mère, sont un hommage aux valeurs dont il a hérité.

À propos de Andy

Andy Réti est né en 1942 à Budapest, en Hongrie. Il a été libéré du ghetto de Budapest en janvier 1945. Andy travaille comme bénévole au Centre d’éducation de l’Holocauste de Toronto depuis 1998. Il a rejoint sa mère lors de plusieurs de ses interventions en tant que survivante. Depuis la disparition de sa mère, il lui a emboîté le pas et raconte leur histoire à un vaste public.

Photos et Objets

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    Margaret (à gauche) et Ilona (à droite), les grandes sœurs d’Ibi. 1920.

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    Ibolya (Ibi) Szalai avec ses parents et deux de ses sœurs. De gauche à droite : Elizabeth, la sœur d’Ibi, sa mère Laura, sa sœur Aranka, son père Ignácz et Ibi. Pécs, Hongrie, 1921.

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    Ibi (deuxième en partant de la gauche) et ses amis du groupe sioniste, 1933.

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    Ibi et son mari Zoltán, 1939.

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    Ignácz et Laura Szalai. Pécs, Hongrie, 1942.

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    Les parents de Zolti, Henrik et Janka Réti, Ibi et Andy après l’Holocauste. Budapest, 1946.

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    Ibi avec ses deux sœurs qui ont survécu à l’Holocauste. Au fond: Ibi (à gauche) et Elizabeth (à droite). Devant : Aranka. Budapest, 1950.

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    Le cadeau d’Andy pour ses huit ans : un tour en moto dans les environs de Budapest, 1950.

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    Andy et Ibi, 1953.

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    Ibi et Andy, l’année de leur arrivée à leur premier point de chute au Canada. Winnipeg, 1957.

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    Andy avec son « nouveau » pardessus devant l’École centrale technique. Toronto, 1958.

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    Mariage d’Ibi et Emil. Toronto, le 14 décembre 1958.

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    Andy (deuxième en partant de la gauche) retrouve ses amis de l’école élémentaire de Bezerédy. De gauche à droite : Mike (Miklós), Andy, Irwin (Ervin) et Julius (Gyuszi). Toronto, 1959.

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    Retrouvailles avec Elizabeth, la sœur d’Ibi, peu après l’arrivée de sa famille à Toronto, 1960. Assises derrière, de gauche à droite : Elizabeth, Aranka et Ibi. Devant, de gauche à droite : Tomi, le fils d’Elizabeth, Marianna, la fille d’Aranka, et Andy.

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    Au mariage d’Andy et Magdi. De gauche à droite : Emil, le mari d’Ibi, Magdi (Magdalene) Vadnai, Andy et sa mère Ibi. Toronto, le 15 décembre 1968.

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    Andy avec son premier taxi, 1969.

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    Andy et sa mère Ibi au Musée mémorial de Zoltán Kodály à Budapest, en Hongrie, en 1974.

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    Andy et Magdi avec leur enfants Kati et David, lors d’un pique-nique à la B’naï Brith Lodge, vers 1983.

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    Ibi portant sa première alliance en 2001.

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    Mariage d’Andy et Judy en 2006. Debout, au second rang, de gauche à droite : David, le fils d’Andy, Judy, Andy, Evan, le fils de Judy, et Jeremy, le fils de Judy. Assises, au premier rang, de gauche à droite : Elizabeth, la tante d’Andy, Aranka, la tante d’Andy, Edith, la mère de Judy et Voula, la femme de Jeremy.

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    Les photos et l’histoire de sa mère qu’Andy a affichées sur sa moto lors d’une étape de la Course du souvenir. New York, 2007.

Le livre

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Stronger Together (Traduction française à venir)

… Je suis né durant la Seconde guerre mondiale, mais nous n’en avions pas encore connu toutes les horreurs.

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Stronger Together (Traduction française à venir)

Un nom en cache un autre

Je suis né sous le nom de Rechnitzer András le 16 juillet 1942 à Budapest, en Hongrie. Bien que je sois né durant la Seconde guerre mondiale, nous n’en avions pas encore connu toutes les horreurs. Par respect de la tradition juive, on m’a aussi donné un nom hébreu, Hillel ben Menashe, qui signifie : « Hillel, le fils de Menashe ». On dit qu’avant de donner à un enfant le nom d’une personne précise ou d’un proche, il faut s’assurer que cette personne a eu une vie heureuse et bien remplie. Hillel était un sage et un professeur de renom. Je ne peux pas affirmer que je sois un sage, mais j’ai toujours aimé enseigner et partager mes connaissances.

Le nom Rechnitzer signifie : « qui vient du village de Rechnitz ». J’espère qu’un jour, je visiterai ce village. Bien qu’il se trouve en Autriche, Rechnitz faisait autrefois partie de la Hongrie sous le nom de Rohonc. À l’âge de trois ans, mon nom de famille a été changé en Réti, qui en hongrois veut dire « des champs ». Je n’ai découvert que bien plus tard que de nombreux Juifs hongrois avaient modifié leur nom pour qu’il ait une assonance plus hongroise, afin de s’assimiler à la population et ne pas être tenus à l’écart.

Quand nous sommes arrivés au Canada, András est devenu Andrew, mais aujourd’hui tout le monde m’appelle Andy. András était la version hongroise d’Andreas qui, en grec, signifie « comme un homme ». J’imagine que ma mère aimait tout simplement ce prénom…

J’ai toujours pensé que j’avais l’esprit combatif. Il s’avère que je me suis battu pour de nombreuses causes et je n’ai jamais envisagé la défaite. Je tiens cependant à dire que je n’ai jamais été seul dans aucun de mes combats.

Mes deux grands-parents ont eu une grande influence sur moi durant mon enfance. Je me souviens des nombreux dictons pleins de sagesse populaire de ma grand-mère. Une de ses remarques que j’aimais : avec moi, la bagarre ne débutait réellement qu’à partir du moment où je ripostais. Et elle avait raison. Mes bagarres ont systématiquement commencé à partir du moment où je ripostais. J’ai toujours eu cette faculté de pouvoir faire face à une situation de conflit physique. Parfois, je manquais de prudence. Je suis convaincu que si j’ai reçu ce don, c’est pour une raison. Je n’étais évidemment pas un bagarreur ou quelqu’un qui recherchait la confrontation. Si j’ai été impliqué dans très peu d’affrontements physiques, j’ai été davantage exposé à des provocations verbales et psychologiques, notamment dans ma vie adulte.

Même si les mots de ma grand-mère résonnent encore à mes oreilles, c’est en réalité ma mère qui a motivé en moi ce désir de me battre pour la justice. Je sais que je lui ai fait peur à de nombreuses reprises, mais j’ai toujours essayé de me battre pour le bien commun et non pour servir des intérêts personnels.

Je suis quelqu’un de positif. Ayant survécu à une période horrible de l’Histoire, j’ai toujours choisi de regarder le bon côté des choses. Il y a forcément une raison qui explique que ma mère et moi avons survécu alors que d’autres autour de nous ont été tués. J’ai traversé des périodes difficiles avant de pouvoir accepter Dieu, mais je crois que c’est Dieu qui nous a permis de survivre aux horreurs de l’Holocauste. Je pense que les paroles du survivant de l’Holocauste et lauréat du Prix Nobel de la paix, Elie Wiesel, résument avec une grande simplicité et beaucoup d’éloquence ce que je ressens : « La question n’est pas “Où était Dieu ?”, mais “Où était l’Homme ?” »