Chapitre 2

Conflits et communauté

Avant que leurs vies soient bouleversées par l’Holocauste, les jeunes Juifs d’Europe passaient généralement leur enfance à jouer et à apprendre aux côtés de leurs camarades de classe et de leurs voisins d’autres confessions.

Ces relations étaient parfois pacifiques, d’autres fois non.

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Une photo de classe d’adolescentes en chemises blanches et en jupes noires. À l’avant, deux enseignants ont un air sérieux.

Judy Cohen (dernier rang, 4e en partant de la gauche) avec sa classe du secondaire. Debrecen (Hongrie), vers 1940.

Fondation Azrieli, avec l’aimable autorisation de Judy Cohen.

Au cours de l’Histoire, les Juifs ont souvent été considérés comme des étrangers et persécutés uniquement parce qu’ils étaient Juifs. Cette forme de discrimination est désignée par le terme « antisémitisme ».

Avant même de vivre l’Holocauste, de nombreux élèves juifs ont été confrontés à l’antisémitisme de leurs camarades, de leurs enseignants ou des gouvernements des pays où ils vivaient. Cet antisémitisme se manifestait par des railleries, des actes de violence et, parfois, par la promulgation de lois et de directives qui excluaient les Juifs.

Quelle incidence les attitudes de l’entourage des jeunes Juifs ont-elles eue sur leur scolarité ? Les témoignages suivants décrivent des situations d’appartenance, de discrimination et, parfois, les deux à la fois.

Une relative harmonie

« Le village était composé de différentes communautés – chacune avec ses propres traditions –, qui vivaient en relative harmonie jusqu’à l’arrivée des Allemands. Kortelisy abritait une église et une synagogue, ainsi que les Roms de passage qui n’avaient pas de domicile fixe. Et même si les communautés ne se mélangeaient pas souvent ou n’avaient rien d’agréable à dire les unes sur les autres, elles entretenaient généralement des relations pacifiques. »

De nouvelles amitiés

« Je me suis liée d’amitié avec certains enfants qui vivaient dans mon quartier. Les uns étaient Polonais, les autres, Ukrainiens. Nous jouions gentiment ensemble dans notre quartier sans penser à nos différences. Nous étions trop jeunes pour cela. Je me souviens aussi d’être allée à l’école maternelle plusieurs fois par semaine, car ma mère travaillait. Les journées d’école étaient rythmées par des jeux, des chansons et la récitation de poèmes, mais il n’y avait pas d’éducation religieuse. Si l’école comptait des enfants de toutes nationalités, la plupart étaient toutefois Polonais. Nous parlions tous le polonais. »

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Une communauté diversifiée

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« Sale Juif »

« J’avais l’impression [que] notre communauté était parfaitement intégrée, en plus d’être acceptée et respectée. Sur le chemin de l’école, il m’arrivait néanmoins de me faire traiter de “sale Juif” par un autre enfant qui m’en voulait pour une raison ou une autre. C’était désagréable, mais sans plus. »

Un trajet éprouvant

« [Mon] établissement [scolaire] se trouvait dans la haute-ville, près de l’école catholique devant laquelle je devais chaque jour passer pour aller en classe et pour rentrer chez moi. J’y ai connu mes premières épreuves. Chaque fois, trois ou quatre garçons catholiques m’attendaient pour m’injurier avec cette formule bien connue des Allemands : “Jude Itzig Nase spitzig !” (Izzie, le Juif au nez pointu !) Ils me battaient aussi et me bombardaient de pierres. Aucun camarade de classe n’est jamais venu à mon secours. Les adultes qui passaient par là en pressant le pas ne semblaient pas remarquer ce qui m’arrivait. »

Les stéréotypes associés aux Juifs

« À l’école, j’aimais ma maîtresse ainsi que la directrice, et j’en étais appréciée. Par contre, l’infirmière avait décidé que les enfants juifs semaient des microbes de maladies contagieuses et, pendant quelques semaines, j’ai été obligée de me rendre avec ma sœur Sarah à une clinique éloignée. Là, on nous vaporisait la gorge d’un mélange irritant avec lequel nous devions nous gargariser. Cependant, je me sentais bien et je ne comprenais rien à cette interdiction d’aller à l’école. Un jour, au lieu de notre médecin habituel, c’est un brave jeune docteur qui nous a examinées. Il s’est exclamé : “Mais ces enfants sont en bonne santé ! Qu’est-ce qu’elles font ici ? Elles n’ont absolument rien du tout. Qu’elles retournent à l’école !” C’était le premier résistant que je rencontrais. J’étais contente de retourner en classe. »

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La présence historique des Juifs en Europe

Avant la Seconde Guerre mondiale, les communautés juives faisaient partie du tissu social de l’Europe depuis des siècles. Cliquez sur « En savoir plus » pour accéder à une carte de l’Europe d’avant-guerre et survolez les épingles pour découvrir depuis combien de temps les Juifs étaient établis dans chaque pays.

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