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La Fondation Azrieli

Producteur

La Fondation Azrieli est une organisation philanthropique canadienne qui apporte son soutien à de nombreux programmes et initiatives dans le domaine de l’éducation, de l’architecture, du design, de la communauté, de la commémoration et l’éducation sur l’Holocauste, de la recherche médicale et scientifique, ainsi que dans le domaine des arts. Le programme des Mémoires de Survivants de l’Holocauste a été établi en 2005 en vue de préserver et de diffuser les mémoires de celles et ceux qui ont survécu au génocide nazi des Juifs d’Europe et qui sont par la suite venus s’établir au Canada.

memoirs.azrielifoundation.org

Usability Matters

Conception graphique

Usability Matters est une agence spécialiste du design de l’expérience usager. Son équipe, dont le travail a été primé, offre une exceptionnelle expérience d’interface pour une vaste gamme d’utilisateurs. Depuis la stratégie d’ensemble jusqu’au design et à la recherche, UM intervient pour des clients dans les domaines des arts, de la santé, de la logistique, de la bienfaisance, de l’édition, du voyage, et autres.

Riddle Films

Producteur

Riddle Films est une agence de producteurs qui s’est donné pour mission d’explorer les domaines des arts du spectacle et de la culture et de les rendre accessibles à un vaste public. Leurs productions sont diffusées à la télévision, en ligne et dans des festivals de films un peu partout dans le monde, en particulier à la CBC, à Bravo, à PBS, à YLE, à Canal+, au Toronto International Film Festival, au Sundance Film Festival, au Rotterdam International Film Festival, et au New York’s Museum of Modern Art.

www.riddlefilms.com

The Dev Guys

Développement

Nous sommes une petite équipe de développeurs chevronnés, spécialistes du développement de solutions conçues pour le web, les sites mobiles et les applications. Créée en 2011, notre agence sait être à l’écoute du client et a développé avec succès des douzaines de projets qui vont de l’élaboration d’outils d’analyse de données à des solutions sur mesure de gestion de contenu, de jeux sur site mobile et d’applications.

www.thedevguys.com

Alex Levin

Alex Levin est né en 1932 en Pologne. Il échappe à un massacre de masse dans son village et survit à l’Holocauste dans les bois. Après la guerre, il rentre dans l’Armée soviétique. Il s’installe au Canada en 1975. Alex est décédé en 2016.

Andy Réti

Andy Réti est né en 1942 à Budapest, en Hongrie. Lui et sa mère ont survécu au ghetto de Budapest. Ils sont arrivés au Canada suite à l'Insurrection hongroise et se sont installés à Toronto.

Anka Voticky

Anka Voticky est née en 1913 en Tchécoslovaquie. Elle survit à l’Holocauste avec sa famille en trouvant refuge à Shanghai, en Chine. En 1948, la famille s’établit à Montréal, au Canada. Anka est décédée en 2014, à 100 ans.

Anna Molnár Hegedűs

Anna Molnár Hegedűs est née en 1897, en Hongrie. Durant l’Holocauste, elle survit au ghetto de Szátmar puis à la déportation à Auschwitz. Après la guerre, Anna immigre en Israël en 1949, et au Canada en 1952. Anna est décédée en 1979.

Arthur Ney

Arthur Ney est né en 1930 à Varsovie, Pologne. Pendant la guerre, il vit au ghetto de Varsovie mais en sort avant le début de l’Insurrection et reste caché dans un orphelinat. Il part s’établir au Canada en 1948. Arthur est décédé en 2016.

Bronia Beker

Bronia Beker est née à Kozowa, en Pologne, le 9 décembre 1920. Avec son mari, Josio, elle a survécu au ghetto de Kozowa et s’est installée au Canada en 1948.

Claire Baum

Claire Baum est née le 25 janvier 1936, aux Pays-Bas. Sa sœur et elle vivent cachées chez « tante Nel », une personne non juive. Ses parents survivent également à la guerre et la famille s’établit au Canada en 1951. Claire réside à Toronto.

David Newman

David Newman est né en 1919 à Chmielnik, en Pologne. Pendant la guerre, il fut emprisonné dans les camps de Skarżysko-Kamienna et Buchenwald. Arrivé au Canada en 1951, David est décédé en 2002.

Kitty Salsberg & Ellen Foster

Les sœurs Kitty Salsberg et Ellen Foster sont nées en Hongrie. Elles survivent dans le ghetto de Budapest cachées dans un abri. Elles immigrent au Canada en 1948. Kitty habite à Toronto, et Ellen à Los Angeles.

Elsa Thon

Elsa Thon est née en 1923 en Pologne. Durant la guerre, elle parvient à sortir du ghetto de Cracovie mais elle est arrêtée et envoyée au camp de Plaszów. Libérée, elle part en Argentine en 1955, puis au Canada en 1980. Elsa vit à Toronto.

Eva Meisels

Eva Meisels est née en 1939 en Hongrie. Quand les nazis occupent le pays, elle est enfermée au ghetto de Budapest. Elle est libérée en janvier 1945. Elle arrive au Canada en 1956. Eva et son mari, Leslie, habitent à Toronto.

Felix Opatowski

Felix Opatowski est né en 1924 en Pologne. Il survit au ghetto de Lodz et à plusieurs camps, dont celui d’Auschwitz. Après la libération, il travaille dans une base américaine puis part s’installer au Canada en 1949. Felix est décédé en 2017.

Felicia Carmelly

Felicia Carmelly est née en 1931 en Roumanie. Elle survit à la guerre dans un camp en Transnistrie. Felicia et sa famille émigrent en Israël puis s’installent au Canada trois ans plus tard. Felicia est décédée en 2018.

Helena Jockel

Helena Jockel est née en 1919 à Mukacheveen Tchécoslovaquie (aujourd’hui en Ukraine). Elle a été internée à Auschwitz en 1944 et a survécu à une marche de la mort. Après sa libération, Helena est retournée en Tchécoslovaquie. Elle a émigré au Canada en 1988, où elle est décédée en 2016.

John Freund

John Freund est né en 1930 en Tchécoslovaquie. Pendant la guerre, il est interné d’abord au camp de Terezin puis à celui d’Auschwitz. Orphelin de guerre, John immigre au Canada en 1948. Il réside à Toronto.

Joseph Beker

Joseph Beker est né à Kozowa, en Pologne, le 1er avril 1913. Il a été soldat au sein de l’armée polonaise, a survécu au ghetto de Kozowa, et a passé le reste de la guerre en clandestinité. Il s’est installé au Canada en 1948. Il est décédé en 1988.

Judy Abrams

Judy Abrams est née en 1937 à Budapest en Hongrie. Elle a survécu à l’Holocauste en se cachant chez des sœurs ursulines puis dans l’appartement d’une amie non juive de la famille, à Budapest. Elle a immigré au Canada en 1949 et vit aujourd’hui à Montréal. 

Leslie Meisels

Leslie Meisels est né en 1927, à Nádudvar, en Hongrie. Sa famille entière survit à l’Holocauste, dans divers camps de concentration. Il immigre aux États-Unis en 1958 et au Canada en 1967. Leslie est décédé en 2018.

Leslie Vertes

Leslie Vertes est né en 1924 à Ajak en Hongrie. Résidant à Budapest durant l’Holocauste, il a pu survivre en empruntant une fausse identité. À l’issue de la guerre, les forces soviétiques l’envoient en captivité dans différents camps de travaux forcés. Après l’Insurrection hongroise de 1956, Leslie immigre à Montréal où il vit encore aujourd’hui.

Marian Domanski

Marian (Finkelman) Domanski est né en 1928 en Pologne. Il s’évade du ghetto d’Otwock puis, se faisant passer pour un non-Juif, devient berger et travaille de ferme en ferme. Il immigre au Canada en 1970. Marian est décédé en 2012.

Max Bornstein

Max Bornstein est né en novembre 1921 en Pologne. Il vit à Winnipeg puis part pour Paris en 1933. Pendant la guerre, il est arrêté lorsqu’il fuit en Espagne et est interné dans un camp. Il revient au Canada en 1947 où il décède en 2015.

Michael Kutz

Michael Kutz est né en Pologne en 1930. Réchappé d’une fosse d’exécution, il survit à la guerre caché dans les bois avec des partisans biélorusses. Il immigre au Canada dans les années 1950. Michael et sa femme, Pat, résident à Montréal.

Muguette Myers

Muguette Szpajzer-Myers est née en 1931 en France. Elle survit à la guerre cachée dans le village de Champlost avec sa mère et son frère aîné. Muguette immigre au Canada en 1947. Muguette habite à Montréal.

Nate Leipciger

Nate Leipciger est né en 1928 en Pologne. Pendant la guerre, il vit dans divers ghettos puis est interné à Auschwitz et dans d’autres camps. Il survit avec son père et ils s’établissent à Toronto en 1948. Nate réside à Toronto.

Rachel Shtibel

Rachel Shtibel est née en 1935 en Pologne. Envoyée au ghetto de Kolomyja, elle s’en échappe avec sa famille et vit cachée dans une grange jusqu’à la libération. Elle part en Israël en 1957 puis au Canada en 1958. Rachel réside à Toronto.

Steve Rotschild

Steve Rotschild est né en 1933 en Lituanie. Avec sa mère, il survit au ghetto de Vilnius ainsi qu’au camp de travaux forcés hkp. Après la guerre, il immigre en Israël avec sa famille en 1949 puis part au Canada. Steve réside à Toronto.

Tommy Dick

Tommy Dick est né en 1925 en Hongrie. Il survit aux bataillons de travaux forcés et à un peloton d’exécution. Il trouve refuge dans divers hôpitaux jusqu’à l’issue de la guerre. En 1948, il immigre à Calgary, au Canada, et décède en 1999.

Ibolya Grossman

Ibolya Grossman est née en 1916 à Pécs, en Hongrie. Elle a survécu au ghetto de Budapest en compagnie de son fils Andy, mais son mari Zolti est mort dans un camp de travaux forcés. Ibi est arrivée au Canada en 1957. Elle est décédée en 2005.

Maya Rakitova

Maya Rakitova est née en 1931 à Smolensk, en Russie. Elle a survécu à la guerre en se cachant en Union soviétique. Maya est arrivée au Canada en 1981 et vit à Montréal.

Amek Adler

Amek Adler est né à Lublin, en Pologne, en 1928. Il fut libéré en 1945, après plusieurs années dans des camps de concentration et de travaux forcés. Il est arrivé au Canada avec sa femme Ruth en 1954. Ils vivent à Toronto.

Margrit Rosenberg Stenge

Margrit Rosenberg Stenge est née en 1928 à Cologne en Allemagne.  Elle a survécu à l’Holocauste avec ses parents, en trouvant refuge en Norvège puis en Suède. Margrit a émigré au Canada en 1951.

Marguerite Élias Quddus

Marguerite Élias Quddus est née en 1936 à Paris en France. Durant l’Holocauste, Marguerite et sa sœur ont été cachées dans des couvents et des fermes. Son père a été déporté et assassiné à Auschwitz-Birkenau. Elle a immigré au Canada avec son mari en 1967, ils vivent aujourd’hui à Longueuil près de Montréal.

René Goldman

René Goldman est né au Luxembourg en 1934. Il a survécu en se cachant dans un foyer d’accueil, dans un pensionnat religieux et au sein de petits villages en France. Après la guerre, il a parcouru le monde avant de s’installer au Canada en 1963.

Pinchas Gutter

Pinchas Gutter est né en 1932 à Łódź en Pologne. Il a survécu au ghetto de Varsovie et à plusieurs camps de concentration, dont celui de Majdanek. Après la guerre, il a vécu en Angleterre, en France, en Israël, au Brésil et en Afrique du Sud, avant d’émigrer au Canada en 1985.

Tibor Benyovits

Tibor Benyovits was born in 1932 in Budapest, Hungary. He survived the war working for an underground Zionist organization. He came to Canada in 1962 and lives in Toronto.

Maxwell Smart

Maxwell Smart was born in Buczacz, Poland, in 1930. He survived the Holocaust by escaping deportation and hiding in a forest. He came to Canada in 1948 and lives in Montreal.

Elly Gotz

Elly Gotz was born in Kovno (Kaunas),Lithuania, in 1928. He survived the Kovno ghetto and the Kaufering subcamp of Dachau. After the war the Gotz family moved to Norway, then Zimbabwe, before Elly settled in Toronto in 1964.

Joseph Schwarzberg

Ephroim “Johnny” Jablon was born in Krakow, Poland, in 1926. He survived several forced labour and concentration camps. He came to Canada in 1948.

Johnny Jablon

Ephroim “Johnny” Jablon was born in Krakow, Poland, in 1926. He survived several forced labour and concentration camps. He came to Canada in 1948.

La famille

La vie quotidienne avant la guerre

La politique et la guerre

La discrimination et les persécutions

La déportation

Les ghettos

Les camps

La violence et les massacres

La Résistance

La clandestinité

La fuite

La chance et les miracles

Les sauveurs et les Justes

La Libération

L’immigration

Les séquelles

Les mesures antijuives

Échantillon de Collection

Les séquelles de l’Holocauste

Échantillon de Collection

Auschwitz

Échantillon de Collection

Les enfants cachés

Échantillon de Collection

Judy Abrams

Amek Adler

Claire Baum

Bronia Beker

Joseph Beker

Tibor Benyovits

Max Bornstein

Felicia Carmelly

Tommy Dick

Marian Domanski

John Freund

René Goldman

Elly Gotz

Ibolya Grossman

Pinchas Gutter

Anna Molnár Hegedűs

Johnny Jablon

Helena Jockel

Michael Kutz

Nate Leipciger

Alex Levin

Eva Meisels

Leslie Meisels

Muguette Myers

David Newman

Arthur Ney

Felix Opatowski

Marguerite Élias Quddus

Maya Rakitova

Andy Réti

Margrit Rosenberg Stenge

Steve Rotschild

Kitty Salsberg & Ellen Foster

Joseph Schwarzberg

Rachel Shtibel

Maxwell Smart

Elsa Thon

Leslie Vertes

Anka Voticky

La famille

La famille et la communauté étaient au cœur de la vie juive en Europe avant l’Holocauste. Le noyau familial prenait alors des formes variées: certains foyers se limitaient à la famille proche tandis que d’autres regroupaient des familles élargies incluant les grands-parents, tantes, oncles et cousins. Les souvenirs familiaux sont souvent les plus précieux et les plus douloureux pour les rescapés. Bon nombre ont été témoins de la souffrance et de la mort de leurs proches, alors que d’autres ont été séparés de leurs parents, de leurs enfants ou de leurs frères et sœurs. Quelques familles, les plus chanceuses, ont pu survivre au génocide en restant regroupées. Après la guerre, de nombreux survivants ont immigré au Canada où ils ont fondé une famille.

La vie quotidienne avant la guerre

Avant la guerre, le quotidien des Juifs variait considérablement selon leurs pratiques religieuses, leur statut socio-économique, leur environnement familial et leur niveau d’intégration dans la société européenne. Certains Juifs vivaient en tant que minorités dans des centres urbains et d’autres étaient établis dans des shtetls — de petits bourgs ruraux à population majoritairement juive. De nombreux Juifs étaient très pratiquants et vivaient leur quotidien au rythme des rituels religieux, tandis que d’autres s’inscrivaient dans un judaïsme laïc. Malgré les disparités au sein même des communautés juives d’Europe, elles partageaient toutes une histoire religieuse et linguistique, des traditions culturelles et des liens familiaux.

La politique et la guerre

Les récits des survivants montrent en quoi les événements géopolitiques qui ont eu lieu avant et pendant la Seconde Guerre mondiale ont affecté la population juive. En réaction à la menace nazie de plus en plus présente, certains ont tenté de se procurer des visas pour émigrer dans des pays où ils seraient en sécurité, alors que beaucoup d’autres ont été pris de court par l’invasion et l’occupation allemande. À travers leurs mémoires, nous apprenons quels ont été les défis auxquels les rescapés ont été confrontés et comment ils ont été amenés à prendre certaines décisions. Après l’Holocauste, bon nombre de survivants ont continué à être affectés par la situation politique dans les régions sous contrôle soviétique.

La discrimination et les persécutions

Pendant plusieurs siècles, les Juifs d’Europe ont subi des vagues d’oppression et de brutalité, notamment sous la forme de pogroms – des attaques violentes commises par les populations locales. Durant l’Holocauste, les nazis ont progressivement instauré et mis en œuvre une politique antisémite de discrimination et de persécutions sans précédent en Europe. Après son avènement au pouvoir en Allemagne en 1933, le régime nazi a spolié les biens des Juifs, les a bannis des lieux publics, les a exclus des écoles, du milieu des affaires et de la vie civique et publique. Dans les pays sous occupation allemande, les autorités locales ont appuyé les mesures instaurées par les nazis en mettant en œuvre leurs propres politiques antijuives.

La déportation

La déportation était le moyen mis en place par les nazis pour transférer les populations juives d’un endroit à un autre afin de leur infliger des sévices et de les assassiner. Le plus souvent, les Juifs étaient expulsés de leurs foyers ou des ghettos (et d’autres lieux de rassemblement où ils avaient été regroupés en vue d’être « réinstallés »), puis entassés dans des trains ou des camions et transportés vers une destination inconnue. Entre 1942 et 1944, les nazis ont déportés les Juifs de partout en Europe vers les camps de la mort nouvellement établis en Pologne, où la plupart ont été assassinés. Les Juifs ont également été déplacés vers d’autres camps et sites nazis disséminés à travers l’Europe et remplissant diverses fonctions. 

Les ghettos

Mis en place par les nazis afin de persécuter les Juifs en Europe de l’Est et les isoler du reste de la population, les ghettos étaient des quartiers délimités au sein d’une ville ou d’un village où les Juifs étaient forcés de vivre. Si dans une certaine mesure, le quotidien familial et la vie communautaire étaient maintenus, la faim et les maladies causées par les conditions de vie misérables atteignaient des niveaux endémiques. Certains habitants des ghettos ont réussi à s’enfuir, d’autres ont résisté en ayant recours à la contrebande, tandis que d’autres encore ont assisté ou participé à des insurrections armées. Les ghettos ont été progressivement liquidés à partir de 1941, et leurs habitants déportés, notamment vers les camps de mise à mort.

Les camps

Durant l’Holocauste, les nazis ont détenu des millions de personnes dans des camps qui se chiffraient par milliers. Établis à travers l’Europe, ces derniers présentaient diverses formes et fonctions: les camps de concentration visaient à emprisonner les « ennemis de l’État », les camps de transit servaient à rassembler les Juifs avant leur déportation, les camps de travaux forcés accablaient les prisonniers de lourdes tâches physiques dans des conditions terribles. Les camps de la mort étaient des centres d’assassinat où les détenus étaient massacrés dès leur arrivée. Certains camps comme celui d’Auschwitz combinait plusieurs de ces fonctions : un camp de concentration, un camp de travail et un camp de la mort, Birkenau, créé en 1942.

La violence et les massacres

À partir de 1939, de nombreux Juifs ont été tués, victimes des sévices perpétrés pendant l’invasion allemande et l’occupation de la Pologne, ainsi que dans les ghettos établis en Europe de l’Est. Les brutalités et les massacres ont augmenté au cours de l’été 1941 avec l’attaque allemande de l’Union soviétique et la mise en œuvre de la « Solution finale de la question juive » – le projet nazi d’anéantissement de tous les Juifs, femmes et enfants compris. Durant la première phase de ce massacre organisé, des unités mobiles de tuerie, qui suivaient la progression de l’armée allemande vers l’Est, assassinaient les Juifs lors de fusillades de masse. L’étape suivante de la destruction s’est opérée par la déportation des Juifs vers les camps de la mort.

La Résistance

De nombreux Juifs ont résisté en prenant part à des insurrections armées dans les ghettos et camps d’Europe de l’Est, tandis que d’autres se sont échappés en forêt et ont rejoint des groupes de partisans dans le but d’attaquer l’occupant. Àtravers toute l’Europe, les Juifs ont rejoint des mouvements de résistance clandestins qui visaient à sauver leurs coreligionnaires et entraver l’effort de guerre allemand. Les Juifs qui prenaient part à des activités religieuses, culturelles et éducatives malgré leur situation désespérée se sont engagés dans ce que les spécialistes qualifient de « résistance spirituelle ». Partout en Europe sous occupation, des non-Juifs ont également résisté aux nazis en aidant des Juifs, et ce au péril de leur vie.

La clandestinité

Il existait plusieurs façons de vivre dans la clandestinité durant l’Holocauste. Certains Juifs demeuraient soustraits aux regards dans des appartements, des granges, ou des abris dissimulés dans la forêt. Beaucoup d’autres se sont cachés au grand jour en utilisant de fausses identités les faisant passer pour des non-Juifs. La vie en clandestinité restait précaire car les nazis et leurs collaborateurs recherchaient les Juifs et récompensaient ceux qui les dénonçaient. Les individus abritant des Juifs, ou pris à les aider, encouraient des peines très sévères.

La fuite

La fuite est un thème récurrent des récits de survivants. Certains rescapés décrivent comment leur famille a pris la décision de fuir les persécutions nazies ou de vivre en clandestinité. D’autres racontent comment ils ont évité de justesse l’arrestation ou la mort en s’évadant de camps, de ghettos, de prisons ou de lieux d’exécution. Pour s’échapper, il fallait faire preuve d’un grand courage et souvent bénéficier d’une aide extérieure, tout cela sans aucune garantie de succès.

La chance et les miracles

Beaucoup de rescapés imputent leur survie à des moments où la chance et le destin ont joué. Si les survivants attribuent parfois ces instants cruciaux à leur foi, à Dieu ou à la religion, il arrive aussi qu’ils ne puissent les expliquer. Les témoignages de survivants démontrent que certaines décisions critiques ont été prises à l’aveugle, sans pouvoir véritablement juger des conséquences. La fuite et la survie d’un individu ne peuvent être attribuées seulement à ses qualités personnelles (sa force ou son courage par exemple), mais plutôt au fait qu’il s’est trouvé au bon endroit au bon moment.

Les sauveurs et les Justes

La plupart des Juifs qui ont survécu à l’Holocauste y sont parvenus grâce à l’intervention d’un individu devenu leur sauveur. Les sauveurs avaient différentes motivations : certains souhaitaient aider un ami ou un être cher, d’autres y voyaient une obligation morale ou religieuse, et d’autres encore avaient rejoint des réseaux de sauvetage et de résistance complexes afin de secourir les personnes en détresse. Ceux qui ont aidé les Juifs l’ont fait au péril de leur vie et de celle de leur famille. Yad Vashem, l’Institut commémoratif de l’Holocauste en Israël, a créé le titre de Juste parmi les nations afin d’honorer les non-Juifs qui ont risqué leur vie pour sauver celle de Juifs durant l’Holocauste.

La Libération

Les survivants ont recouvré leur liberté à des moments différents et dans des circonstances spécifiques. Certains sont sortis de leur cachette quand l’armée soviétique a libéré les territoires de l’Est, tandis que d’autres ont pu quitter les camps quand les troupes alliées en ont pris le contrôle en Europe de l’Ouest. Les Juifs qui avaient survécu en se cachant au grand jour ont attendu d’être en sécurité pour abandonner leurs faux papiers et retrouver leur véritable identité juive. À la Libération, de nombreux survivants se sont retrouvés à des milliers de kilomètres de chez eux, affaiblis par des années de conflit et de mauvais traitements, incertains du sort réservé aux membres de leur famille.

L’immigration

Les survivants de l’Holocauste n’ont pu immigrer au Canada qu’après la libéralisation des politiques d’immigration du pays en 1947. Entre 1947 et 1949, ce sont 1 123 jeunes qui ont fait partie des premiers survivants autorisés à rejoindre le Canada, dans le cadre du Projet des orphelins de guerre. Certains rescapés ont émigré directement, tandis que d’autres ont vécu d’abord dans différents pays avant d’opter pour le Canada. S’y installer a soulevé de nombreux défis et plusieurs survivants évoquent des moments d’adversité. On retrouve chez tous les survivants une même détermination à refaire leur vie malgré le traumatisme souffert par le passé. Le Canada est devenu la terre d’accueil d’environ 40 000 survivants de l’Holocauste.

Les séquelles

Au lendemain de l’Holocauste, les survivants ont souvent appris qu’ils n’avaient ni foyer ni famille à retrouver, alors que d’autres ont continué à souffrir de persécutions dans les pays sous contrôle soviétique. De nombreux rescapés ont continué à être hantés par le traumatisme subi au long des années de guerre. Les effets à long-terme varient, allant du refus d’aborder cette période de leur vie aux cauchemars récurrents, en passant par la difficulté permanente d’accepter ce qui leur était arrivé, ainsi qu’à leurs proches. Pour certains, évoquer leur douloureuse expérience est une façon d’aider les générations futures à ne pas répéter les erreurs commises par le passé.

Les mesures antijuives

En Allemagne, le régime nazi a mis en place des lois antijuives visant à humilier et stigmatiser les Juifs de façon systématique, afin de consolider l’idée qu’ils étaient inférieurs aux non-Juifs. Ces premières mesures consistaient à déposséder les Juifs de leurs moyens de subsistance, de leurs biens, de leurs droits civiques et de leur citoyenneté. Tout en étendant leur contrôle sur l’Europe, les nazis ont également instauré des lois antijuives dans les pays qu’ils occupaient, et les États collaborateurs ont appuyé ces lois en décrétant leurs propres mesures et restrictions à l’encontre des Juifs. Cette collection retrace les différentes façons dont les survivants ont été affectés par cette persécution d’État.

Les séquelles de l’Holocauste

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les Juifs ayant survécu à l’occupation nazie ont été libérés. Bien que la fin du conflit ait mis un terme à l’Holocauste, le traumatisme vécu par les rescapés a continué d’affecter leur vie dans bien des cas. Certains sont restés marqués par les cicatrices physiques et psychologiques qui ont résulté des souffrances vécues, et tout particulièrement par la disparition de leurs êtres chers. Cette collection fait état de la diversité des séquelles qui ont marqué les survivants longtemps après la fin de la guerre.

Auschwitz

Auschwitz a été l’un des complexes concentrationnaires les plus importants durant l’Holocauste. Il comprenait en outre le camp de la mort de Birkenau. Dèsleur arrivée à Auschwitz, les Juifs subissaient une sélection qui séparait ceux qui allaient être affectés aux travaux forcés de ceux envoyés directement aux chambres à gaz. En 1943, les autorités du camp ont mis en place un camp familial, permettant ainsi à certaines familles de rester regroupées durant plusieurs mois avant la sélection. Les Juifs assignés aux travaux forcés devaient effectuer de lourdes tâches dans des conditions horribles, souffrant de la faim et hantés par l’angoisse de mourir à chaque instant. Cette collection expose les expériences vécues par les survivants de ce camp.

Les enfants cachés

Plus d’un million d’enfants juifs ont été tués durant l’Holocauste. Ceux qui ont survécu le doivent à des personnes courageuses, des institutions religieuses ou des groupes de résistants qui ont risqué leur vie pour les aider. D’autres encore ont dû se débrouiller seuls, se faisant passer pour des non-Juifs à l’aide de faux papiers ou trouvant refuge en forêt. Certains enfants étaient cachés avec leurs parents, tandis que d’autres en étaient séparés. Après la guerre, les enfants cachés ont dû surmonter de nouvelles difficultés, comme se séparer de la famille d’accueil, apprendre la mort de leurs parents ou retrouver leur identité juive longtemps dissimulée. Cette collection retrace les récits d’enfants qui ont survécu en clandestinité.